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Pour le patron de Seb, "on ne peut plus fabriquer des produits d'entrée de gamme" en France

Sur BFM Business, Thierry de la Tour d'Artaise, patron du numéro un mondial du petit électroménager, revient sur le débat des relocalisations industrielles en France.

Après un premier trimestre évidemment difficile, Seb repart de l'avant. Sur BFM Business, son PDG indique que 40 de ses 42 usines sont rouvertes et que la demande repart de l'avant, notamment en Chine où le fabricant est très présent. D'ailleurs, comme beaucoup de ses concurrents, Seb y produit une partie importante de ses appareils d'électroménager et n'échappe pas au débat actuel sur les relocalisations de production en France.

Invité de Good Morning Business ce mercredi, Thierry de la Tour d'Artaise a un avis assez tranché sur la question: "on ne peut pas tout fabriquer en France".

"Dans notre industrie, l'industrie du petit électroménager, plus de 90% des produits vendus dans le monde sont fabriqués en Chine. Donc nous connaissons assez bien la délocalisation et nous avons pourtant encore 11 sites en France, donc c'est bien que nous croyons à la production en France", explique le PDG.

Relocaliser les produits à forte valeur ajoutée

"En revanche, je crois qu'il faut être très clair, on ne peut pas tout fabriquer en France. On ne peut plus fabriquer des produits d'entrée de gamme dont nous avons besoin dans nos gammes parce qu'un certain nombre de consommateurs ont besoin de ces produits. Donc je crois qu'il faut très clairement les fabriquer dans des pays où le prix de la main d'oeuvre est compatible avec le prix de vente de ces produits. En revanche, quand nous vendons des générateurs de vapeur, des friteuses sans huile, des aspirateurs versatiles, quand nous vendons des autocuiseurs ou d'autres produits à forte valeur ajoutée, je crois que la production en France est encore possible", poursuit Thierry de la Tour d'Artaise.

Donc les relocalisations oui "mais pour les produits à forte valeur ajoutée, pas de relocalisations pour les produits d'entrée de gamme, ça n'aurait pas de sens sur le long terme".

Encore faut-il que les conditions soient réunies pour le faire: "évidemment, nous souhaiterions que les charges soient plus basses de façon à avoir encore une meilleure compétitivité mais je pense qu'en tout cas ça vaut le coup de se battre", conclut le dirigeant.

Olivier Chicheportiche