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Pour aller en Corse ou dans les Outre-mer en avion, il faudra un "motif impérieux" jusqu'au 23 juin

Les déplacements aériens entre la France métropolitaine et la Corse ou les territoires d'Outre-Mer seront interdits "sauf motif impérieux", précise un décret paru lundi au Journal officiel

Les déplacements aériens entre la France métropolitaine et la Corse ou les territoires d'Outre-Mer seront interdits "sauf motif impérieux", précise un décret paru lundi au Journal officiel - AFP

Un décret publié le 31 mai au Journal officiel définit les règles du déconfinement pendant le mois de juin. Il annonce l'interdiction jusqu'au 23 juin des déplacements aériens entre le continent et la Corse ainsi que vers les territoires d'outre-mer, sauf pour "motif impérieux".

Pour les hôteliers, cafetiers et restaurateurs, la saison touristique démarrera le 2 juin, mais pas dans toute la France. Le 31 mai, le décret publié au Journal officiel précise la phase 2 du plan de déconfinement qui définit les règles pour le mois de juin. La troisième phase débutera la 22 juin.

Il annonce l'interdiction jusqu'au 23 juin des déplacements aériens entre le continent et la Corse ainsi que vers les territoires d'outre-mer. Ne pourront prendre l'avion que ceux qui justifieront d'un "motif impérieux d'ordre personnel ou familial" avec des dérogations pour raisons médicale ou professionnelle. 

Sur l'île de Beauté, cette annonce a fait l'effet d'une douche froide. Les professionnels du tourisme, mais aussi les élus de Corse, qui espéraient la reprise de l'activité économique s'inquiètent d'un redémarrage au ralenti et économiquement difficilement rattrapable.

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, réclame déjà la levée immédiate de cette interdiction, selon France 3 Corse. Le 28 mai, lors d'une vidéo-conférence diffusée sur les réseaux sociaux, il se montrait impatient d'en savoir plus sur le redémarrage de l'activité touristique.

Il est suivi par Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, qui juge "cette décision incompréhensible et incohérente". Dans un message publié sur Twitter, il appelle le gouvernement à "rapidement corriger cette erreur".

La compagnie aérienne Air Corsica est également déçue. Le 28 mai, elle publiait un communiqué de presse pour annoncer un plan de reprise de ses 14 lignes. Pour le mois de juin, elle prévoyait plus de 100.000 sièges pour se rendre en Corse. "Au total, plus d’un million de sièges sont ainsi proposés du 1er juillet au 31 octobre 2020", indiquait la compagnie aérienne. 

Pour les touristes qui comptaient partir dès le mois de juin, rien n'est encore perdu, mais il devront trouver des places sur les ferries qui relient la Corse et de continent. Mais comme le note Pierre Mattei, directeur de la compagnie maritime, la demande est "encore très faible". Il indique que dès la semaine prochaine, les rotations resteront à une par jour entre Toulon et Ajaccio et une autre entre Toulon et Bastia.

Pascal Samama