BFM Business

Or, ivoire, diamants: le bijou précieux et éthique devient abordable

-

- - Bijorhca

Jusqu'à peu, les bracelets et bagues dont les matériaux précieux respectent l'environnement et les hommes, coûtaient beaucoup plus cher que la joaillerie traditionnelle. Mais une offre éthique et abordable est en train d'émerger.

Dans les allées de Bijorhca, le salon du bijou qui se tient du 7 au 11 septembre à Paris, quelques étals scintillent de bijoux précieux, mais aussi respectueux de l'environnement et des Hommes. "Une offre inexistante il y a quatre ans, qui répond aux demandes des visiteurs du salon", explique sa directrice, Aude Leperre.

Ces détaillants ont vu déferler dans leurs bijouteries les clients soucieux de s'offrir de la joaillerie responsable. À mesure que la tendance a affleuré, des marques se sont mises à l'or recyclé, récupéré notamment dans les smartphones. Des labels sont apparus, comme "Fairmined", qui certifie un or issu de mines artisanales, extrait sans mercure, par des mineurs majeurs et bien traités, et dont les profits sont équitablement répartis. Des diamants labellisés "conflict free" qui n'ont aucune chance d'être entachés du sang de guerres civiles, ont commencé à orner les solitaires Chopard, Gucci, Boucheron.

Fairmined
Fairmined © -

Le carton de l'or végétal

Mais ces matières nobles et vertueuses renchérissaient le prix des bijoux, même chez des griffes moins élitistes, comme la parisienne April. Il manquait ainsi une offre de joaillerie précieuse et éthique qui ne coûte pas trois smics. Cette année, ces alternatives abordables émergent à Bijorhca, même moins onéreuses que les matières imitées.

À la frontière entre le précieux et la fantaisie, l'ivoire végétal, fabriqué à partir du fruit d'un palmier amazonien, attire. De petites marques française comme Nodova ou Kokobelli dessinent ainsi des bijoux réalisés par des coopératives de femmes en Amérique du sud. Ils coûtent de 20 à moins de 100 euros, très loin de l'ivoire des défenses et cornes d'animaux, dont la production et la commercialisation sont en principe interdites de nos jours.

Ivoire végétal
Ivoire végétal © Kokobelli

"Véritable carton auprès des millenials" selon la directrice du salon: l'or végétal n'est donc pas un métal, mais un tressage élaboré des brins étincelants du Capim Dourado, une plante qu'on ne trouve que dans une région du Brésil. Un bracelet en or végétal coûtera au bas mot vingt fois moins cher que l'or. Certes, "personne n'achète une alliance en or végétal, mais c'est une alternative réelle pour les bijoux traditionnellement réalisés en 'petit or' 9 carats", souligne Aude Leperre. L'or végétal est même particulièrement recherché pour sa légèreté qui se prête bien à la confection de boucle d'oreilles.

Or végétal
Or végétal © Carpediem

Même pour les traditionnelles bagues de fiançailles, une alternative éthique et peu onéreuse a vu le jour grâce aux progrès de la technologie: les diamants de synthèse. Des gemmes qui ont la même structure et composition que celles qui mettent des millénaires à se former sous la terre, mais fabriquées en laboratoire, grâce à des machines qui reproduisent le phénomène qui transforme le carbone en pierre précieuse, mais en quelques semaines.

Ces pierres sont en train de créer une petite révolution dans la joaillerie. Courbet, une bijouterie qui vient de s'installer place Vendôme à Paris, les vend 20% moins cher que les naturels. De Beers, le leader mondial du diamant, s'est mis à en produire avant l'été pour un prix 70% inférieur à ceux extraits dans les mines. Sa fabrication nécessite toutefois une très grosse consommation d'énergie, ce qui ne la rend pas 100% écolo. Pour cette raison notamment, le diamant de synthèse suscite un énorme débat entre bijoutiers traditionnels en France. Aux États-Unis en revanche, selon la présidente de Bijorhca, presque un jeune sur deux serait prêt à choisir des diamants conçus en machine.

Nina Godart