BFM Business

Michel-Edouard Leclerc: "il n'y a pas de guerre des prix!"

Michel-Edouard Leclerc était l'invité de BFM Business, ce mercredi 25 juin.

Michel-Edouard Leclerc était l'invité de BFM Business, ce mercredi 25 juin. - -

Le patron des hypermarchés du même nom, était l'invité de BFM Business, ce mercredi 25 juin. Répondant aux attaques de ses concurrents, il s'en est pris à la "sainte alliance" entre les industriels et les distributeurs.

Michel-Edouard Leclerc n'en finit plus de surprendre les consommateurs et... ses concurrents, avec une stratégie agressive qui ne plaît évidemment pas à tout le monde.

Invité de BFM Business, ce mercredi 25 juin, le patron magasins du même nom a de nouveau plaidé pour une législation plus souple, et s'en est pris à ses rivaux directs. Notamment à la fédération du commerce et de la distribution (dont font partie Carrefour et Auchan), qui a plusieurs fois exprimé sa crainte de voir la guerre des prix alimenter une tendance déflationniste.

"C'est un aveu. Ils n’étaient pas vraiment pour la concurrence, pour la défense du pouvoir d’achat, pour les prix bas... Ils ont apparemment relevé le défi du prix bas et puis six mois plus tard, après avoir fait tout un cinéma, ils disent stop."

"Vous ne trouvez pas ça bizarre, cette sainte alliance? "

Quant à l'Ania (l'Association nationale des industries alimentaires) qui s'est récemment alliée à la FNSEA et Coop de France (fédération des coopératives) pour demander l'arrêt de la publicité comparative, le dirigeant a ironisé: "vous ne trouvez pas bizarre cette sainte alliance entre les industriels -qui ne voulaient pas de la concurrence- et ces distributeurs, qui étaient pour la concurrence et qui demandent aujourd’hui au législateur pour demander d’arrêter la publicité comparative? Vous connaissez des chefs d’entreprise qui demandent à être amputés de leur liberté?"

Avant d'ajouter: "on veut être les moins chers, mais on ne veut pas que le consommateur le sache. On veut interdire le thermomètre. Avouez, c’est tout de même assez faux cul non?"

"Un ilot de pertes dans un océan de profits"

Michel-Edouard Leclerc a également réfuté le terme de "guerre des prix": "il n’y a pas de guerre des prix, il y a des guerres de promos!" s'est-il exclamé. "Ce n’est pas sur le fond de rayon qu’a lieu la bataille, pas sur l’ensemble des filières. Il y a des groupes de distribution qui sacrifient des enseignes, des groupes de prix, pour dire qu’ils font la guerre des prix. Mais à côté de ça ils se gavent !"
Avant de reprendre, évoqauant ses concurrents, la célèbre formule: "un ilot de pertes dans un océan de profits".

Enfin, le dirigeant a de nouveau plaidé pour l'assouplissement de la législation en matière de santé. "Tout le monde peut acheter la cigarette électronique, pourtant contestée, un peu partout. Mais pas des patchs anti-tabac qui sont incontestés, même sous l’autorité d’un pharmacien. Allez, madame Touraine, un petit effort!"

Y. D.