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Michel-Edouad Leclerc: "dans dix ans Leclerc sera le Amazon français"

Invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV ce mercredi, le président des centres Leclerc a détaillé sa stratégie pour concurrencer Amazon sur le territoire français.

En 2018, Amazon prévoyait de conquérir le monde avec ses épiceries sans caisse, les Amazon Go. Deux ans plus tard, 24 épiceries sans caisse du géant américain du e-commerce ont ouvert, loin des milliers prévues au départ.

Pas plus aujourd’hui qu’hier, les velléités expansionnistes d’Amazon n’inquiètent Michel-Edouard Leclerc. Invité sur RMC et BFMTV ce mercredi, le président de la chaine de magasin a détaillé sa stratégie pour devenir lui-même un leader français du e-commerce.

Première étape: ne pas s’associer avec Amazon, qui drague actuellement les distributeurs mondiaux pour les équiper en technologie de paiement sans caisse.

"Ils nous ont proposé aussi. Tout le monde nous propose là -Google, Amazon…", sourit Michel-Edouard Leclerc. Mais "nous on va rester Leclerc, on va rester indépendant et on va rester français", prévient-il.

L'Amazon français, mais avec des employés

En revanche "on va relever le défi d’Amazon. C’est-à-dire qu’au printemps, tous les sites internet de Leclerc –via lesquels on réalise déjà plus de 3 milliards d’euros de chiffres d’affaires- vont être unifiés sous un même portail pour partir à la conquête d’Amazon sur l’alimentaire et le non-alimentaire", détaille Michel-Edouard Leclerc.

Si bien que "sur les dix ans qui viennent, je pense que Leclerc sera le Amazon français, mais avec des salariés en plus et des experts en plus". Au point d’assurer la livraison en deux heures, comme le géant américain ? Non, reconnaît Michel-Edouard Leclerc, tout simplement parce que "ce n’est pas ce qu’attendent nos clients, qui habitent beaucoup en province et qui n’ont personne à la maison pour récupérer les courses".

Leclerc ne compte pas non plus développer davantage l’automatisation des caisses. "Les magasins sans caisse, ce n’est pas pour nous. Nous avons créé 3000 emplois cette année. Et chaque année, à chaque fois que je viens chez vous, je vous annonce entre 2500 et 3000 emplois supplémentaires. Nous atteignons 130.000 salariés".

Nina Godart