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Médicaments: comment économiser 10 milliards d'euros

Les dépenses de médicaments seraient largement trop élevées en France.

Les dépenses de médicaments seraient largement trop élevées en France. - -

Selon une étude présentée ce 24 juin, les dépenses des Français en médicaments seraient trop élevées. Les réduire permettraient de dégager 10 milliards d'euros sur trois ans.

La France va mal, mais elle se soigne. Un peu trop, d’ailleurs. Si l’on en croit une étude présentée lundi 24 juin, les dépenses de médicaments restent très élevées en France, notamment en comparaison d'autres pays européens. Alors que des mesures d'économies permettraient de réduire ce coût de 10 milliards d'euros sur trois ans.

"En Italie, on constate que le coût des médicaments en ville et à l'hôpital s'élève pour 2012 à 17,8 milliards d'euros contre 35,5 milliards pour la France. Soit 85% de plus à populations égales pour les mêmes résultats sanitaires", affirme ainsi Serge Rader, pharmacien et coauteur de l'étude.

Pour les seuls médicaments remboursables, la dépense s'élève à 33 milliards d'euros en France.

Des" prix de remboursement injustifiés"

En 2012, selon la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), la dépense en médicaments avait diminué de 0,8%. Mais dans le même temps, note l’étude, l'Italie a annoncé une baisse de 9,07%.

On y apprend également qu’en France, le générique, moins cher que le princeps (médicament original), représente 31% du marché en volume, contre 50% à 60% en Grande-Bretagne ou en Allemagne et 80% aux Etats-Unis.

Enfin, l’étude évoque "des protections anormales de médicaments franco-français" qui n'ont pas de génériques et met en cause "des prix de remboursement injustifiés" dans certains cas.

Les médecins trop influencés par les laboratoires

Les auteurs, dont fait partie la députée européenne écologiste Michèle Rivasi, ont donc présenté un projet de réforme de la filière médicaments permettant, selon eux, de réaliser 10 milliards d'euros d'économie sur trois ans.

Ils suggèrent notamment de remplacer la marge commerciale des grossistes et des pharmaciens par des honoraires, au moins pour les médicaments les plus chers, ce qui permettrait de "rendre indépendant le coût de la distribution".

Ils plaident également pour une prescription "optimisée", en apportant une information indépendante aux médecins "trop soumis à l'influence des laboratoires". Les économies dégagées doivent notamment permettre de favoriser "la renaissance d'une recherche publique".

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Y. D. & AFP