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Lunettes: bientôt moins bien remboursées

Le gouvernement veut plafonner les remboursements des mutuelles pour faire pression sur les opticiens.

Le gouvernement veut plafonner les remboursements des mutuelles pour faire pression sur les opticiens. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le gouvernement veut plafonner le montant de la prise en charge des lunettes et des lentilles par les complémentaires santé. Une démarche qui vise à faire pression sur les opticiens pour faire baisser les prix.

Avec un coût moyen de 530 euros, le prix des lunettes en France est le plus élevé d'Europe. Et pour le faire baisser, le gouvernement a opté pour une méthode qui peut surprendre : instaurer un plafond de prise en charge afin de faire pression sur les opticiens pour qu'ils baissent leurs marges.

"Les remboursements de santé sont tellement généreux que le client ne regarde finalement plus à la dépense quand il va acheter ses lunettes et les opticiens par conséquent augmentent les prix. Or le problème, c'est qu'une fois les prix très hauts, ils le sont pour ceux qui sont très bien remboursés, mais aussi pour les autres, ceux qui sont mal remboursés", explique Mathieu Escot, chargé de mission santé UFC-Que Choisir.

Le projet de décret, établi par la Direction de la Sécurité sociale, fixe donc un montant maximum pour le remboursement des lunettes et des lentilles par les complémentaires santé.

Le texte prévoit un système de pallier dégressif : le remboursement maximum sera fixé à 350 euros pour des verres simples, 600 euros pour des verres complexes et 100 euros pour la monture en 2015. En 2018, il tomberait à 200 euros pour les premiers et 400 euros pour les seconds. De plus, le gouvernement prévoit de limiter le remboursement à une paire tous les deux ans.

Des conséquences sur l'emploi ?

Le décret, attendu pour la fin du mois, pourrait encore subir des aménagements, le ministère des Affaires sociales ayant indiqué que le texte n'était pas finalisé et que les discussions se poursuivaient.

Les professionnels sont néanmoins inquiets, car pour eux, ces plafonds ne feront pas baisser les prix ou alors cela se fera au détriment de la qualité. La filière risque aussi d'être déstabilisée et des opticiens pourraient fermer boutique.

Mais les industriels et fabricants de l'optique tirent, eux aussi, la sonnette d'alarme. Ils ont indiqué, dans un communiqué publié le 20 mars, redouter "les conséquences dramatiques que pourraient avoir des décisions précipitées et cloisonnées sur les 10.500 salariés de leurs 77 sites français, sur leurs sous-traitants et leurs partenaires de la filière".

BFMbusiness (texte) et Annabelle Vilmont et Nastasia Tepeneag (vidéo)