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Les publicités sur Internet font fuir le chaland

Plus de 7 Français sur 10 n’ont jamais acheté suite à des publicités en ligne qu'ils estiment dans leur ensemble mal ciblées, envahissantes et intrusives.

Plus de 7 Français sur 10 n’ont jamais acheté suite à des publicités en ligne qu'ils estiment dans leur ensemble mal ciblées, envahissantes et intrusives. - Frederic J. Brown-AFP

La pub sur Internet est jugée intrusive, en deuxième position derrière le démarchage téléphonique. Pire: moins d'un Français sur cinq a acheté un produit à la suite d'une publicité en ligne, selon un sondage d'Opinion Way.

Mauvaise nouvelle pour les acteurs de la publicité en ligne, les consommateurs ne l'apprécient pas beaucoup.

Selon une enquête conjointe Wincor Nixdorf/OpinionWay, qui a sondé un millier de personnes, les Français font preuve de sévérité vis-à-vis des pratiques publicitaires des enseignes, quel que soit le canal internet utilisé,

La publicité effectuée via le web (26%), les moteurs de recherche (23%) et les applications mobiles (29%) sont perçues comme les plus intrusives. Seul le démarchage téléphonique fait pire (35%).

Ces résultats peuvent expliquer la montée en puissance des logiciels qui bloquent la publicité Internet sur les navigateurs web des ordinateurs connectés.

Selon cette enquête, ce sont les seniors qui sont les plus sévères. Pour les 65 ans et plus, les publicités sur les moteurs de recherche (31%), les bannières publicitaires (32%) et les notifications sur mobile (39%) sont les plus intrusives !

En revanche, les plus jeunes sont plus tolérants. Parmi les 18-24 ans, seuls 20% d’entre eux se plaignent du caractère envahissant de la publicité sur le web.

La pub sur Internet rejaillit négativement sur les marques

Ce jugement critique rejaillit négativement sur les enseignes ou les marques qui pratiquent ces publicités sur Internet. Celles qui usent de la publicité via les applications mobiles, les moteurs de recherche et le web sont perçues, en premier lieu, comme égocentriques (28%, 28% et 26%, respectivement pour ces canaux Internet), voire à côté de la plaque (21%, 17% et 16%, respectivement).

Les plus jeunes (18-24 ans) ne sont que 22%, 23% et 23% à juger égocentrique l’usage des trois canaux promotionnels précités.

Enfin, la mauvaise nouvelle pour les annonceurs vient du fait que la publicité en ligne serait un déclencheur d’achat marginal, voire sans effet sur une nette majorité de consommateurs.

Les prospectus papier ont encore de l'impact

Moins d’un Français sur cinq déclare avoir acheté après avoir été soumis à une bannière sur Internet (20%), visionné une publicité sur les réseaux sociaux (15%) ou fait l’objet d’une notification mobile (14%).

Une fois de plus, les 18-24 ans sont plus sensibles à ces promotions sur Internet : 30% ont acheté après avoir vu une publicité en ligne, 31% après une publicité sur un moteur de recherche et 21% après une notification mobile commerciale.

A l’inverse, les actions publicitaires qui déclenchent le plus d’achats auprès des Français sont le bon vieux prospectus ou catalogue papier (76%), la publicité sur le lieu de vente (61%) et la publicité dans les médias traditionnels (TV, radio, presse papier, affichage) : 53%. 

Frédéric Bergé