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Les produits dérivés Disney et les ventes en ligne ont soutenu le marché du jouet français en 2019

Les fabricants de jouets changent peu à peu leurs pratiques

Les fabricants de jouets changent peu à peu leurs pratiques - Photo by Skitterphoto from Pexels

Après une année 2018 en repli sensible, les ventes se sont stabilisées à 3,5 milliards d'euros l'an passé et ont même progressé en décembre malgré les grèves. Mais le secteur doit désormais s'adapter à des changements majeurs.

Le marché français du jouet a terminé 2019 à l'équilibre, porté par le succès des produits sous licence et des films Disney et par l'essor des ventes en ligne, mais se trouve à "la charnière de changements majeurs pour le secteur, qui vont affecter la décennie à venir", selon une experte.

Après des difficultés en 2018 (-5%), le secteur "s'est maintenu en 2019" et a fini à l'équilibre à 3,5 milliards d'euros, marqué par "une progression des ventes en ligne" (+6%), dans un contexte de "transformation structurelle", souligne lundi le cabinet NPD dans son bilan annuel qui fait référence. "Les licences (...) terminent l'année avec une croissance de 4%, représentant ainsi plus de 22% des ventes de jeux et jouets en France", précise NPD dans son communiqué.

Une "année de convalescence"

"Etant donné ce qu'on a vécu l'année dernière", avec les redressements judiciaires des deux leaders Toys'R'Us et la Grande Récré et le mouvement des "gilets jaunes", "terminer l'année sur une tendance 'flat' (stable, NDLR), ce n'est pas si mal que ça", estime auprès de l'AFP Frédérique Tutt, experte du jouet pour NPD.

Pour elle, 2019 a été une "année de convalescence" et la suite s'annonce délicate, "entre une natalité en berne, un vent de déconsommation qui souffle sur de nombreux secteurs de l'économie et la progression de valeurs écoresponsables".

Et "dans un contexte social toujours tendu, les résultats du marché français (en 2019) ne sont pas alarmants" et sont même meilleurs que d'autres pays européens (comme le Royaume-Uni, l'Espagne ou l'Italie).

Lors du dernier trimestre, qui concentre à lui seul 55% des ventes annuelles de jouets, le mois de décembre a par exemple été positif (+3%) malgré la grève dans les transports à Paris et dans les grandes villes.

L'enjeu du plastique et du recyclage

Pour autant, les acteurs du jouet "restent prudents quant à l'avenir", relève Frédérique Tutt, alors que d'importants bouleversements s'esquissent dans le secteur. "Pour renouer avec la croissance, il est impératif pour l'industrie de continuer à se renouveler en innovant et en répondant aux attentes d'un public toujours plus exigeant".

Les valeurs d'écoresponsabilité ne sont pas encore suffisamment "entrées dans les coffres à jouets", souligne-t-elle.

Et la problématique du plastique, au coeur de l'actualité, va contraindre le secteur à communiquer davantage pour faire valoir que celui utilisé pour les jouets n'est pas à usage unique: "Les jouets sont des objets qui durent longtemps, qui se transmettent et ont parfois en plus une valeur éducative", rappelle-t-elle.

Les industriels ont déjà engagé des efforts pour tendre vers des matériaux recyclables et recyclés, une empreinte carbone "neutre", des packagings plus "responsables".

OC avec AFP