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Les cultures bio doivent augmenter pour répondre à la demande

Le directeur de l’Agence Bio, chargée d’accompagner l’essor du secteur par Stéphane Le Foll, estime que la surface agricole française dédiée aux cultures biologiques devra passer de 2 à 6 voire 10% pour répondre à la demande croissante.

La demande explose, il faut que l'offre suive, ou le monde agricole va passer à côté d'un beau relais de croissance! Le marché du bio a cru de 14,7% entre 2014 et 2015, à 5,76 milliards d'euros. Selon un récent baromètre Agence Bio/CSA, 9 Français sur 10 ont consommé bio en 2015, dont 65% de façon régulière. Et les dernières enquêtes l'attestent, il n'est pas prévu que la demande faiblisse.

Alors, le gouvernement entend assurer une augmentation des productions biologiques. Mercredi, le ministre de l'Agriculture a chargé l'Agence Bio de préparer un plan de soutien au secteur bio, afin de mieux organiser les filières et d'associer tous les acteurs du secteur.

Céréales, viande, fromage...

Il faut s'organiser, assure le directeur de l'Agence Bio, Florent Guhl, d'autant que la France est en retard sur la production de certains produits: les céréales, la viande et le fromage... Par exemple, explique-t-il, la production de céréales bio occupe actuellement 2% de la surface agricole française: pour répondre à la demande, il faudrait qu'elle monte à 6 voire 10%. Le mouvement est en marche. Il y a de plus en plus d'exploitations totalement certifiées bio en France (entre 1.300 et 1.400 de plus cette année, 30.000 en tout en France en 2016). Ce mouvement doit maintenant se poursuivre, estime le directeur de l’Agence Bio.

Il faut aussi faire en sorte que la filière agricole, dans son ensemble, s'adapte. Parce que, pour qu'un produit soit certifié bio, il faut que le processus soit respecté de la production à la distribution, en passant par le transport et la transformation. Il y a par exemple des silos dédiés à cette filière.

4 millions d'euros

Côté financement, il existe un fonds de structuration des filières biologiques "Avenir bio", doté d'une enveloppe de 4 millions d'euros par an. Cela pourrait évoluer. Les Assises nationales de la bio, qui se tiendront le 14 novembre à Paris, doivent notamment permettre de déterminer les moyens pour accompagner la transformation du secteur.

Pauline Tattevin, édité par A.R.