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Leclerc: "un chef d'entreprise n'a pas à aller sans cesse à l'Elysée demander ceci ou cela"

Michel-Edouard Leclerc était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 13 février.

Michel-Edouard Leclerc était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 13 février. - -

Le président des centres E.Leclerc s'est félicité, ce jeudi 13 février sur BFM Business, de la prise de conscience gouvernementale sur les charges et a dévoilé les méthodes maison pour lutter contre la crise.

"Nous chefs d'entreprises, ce n'est pas notre rôle d'aller dans la rue, ce n'est pas notre rôle d'aller sans cesse à l'Elysée demander ceci ou cela. Nous, on doit avoir un projet économique". C'est le message de Michel-Edouard Leclerc, le président du réseau de distribution éponyme ce 13 février sur BFM Business.

Chez Leclerc, l'objectif est de diversifier l'offre, notamment sur les produits à forte valeur ajoutée pour retrouver des marges, et éviter la "paupérisation". C'est aussi une organisation en coopérative qui permet de traverser la crise mieux que les concurrents.

Leclerc fonctionne comme une "coopérative de moyen". Chaque chef de magasin est "propriétaire du magasin", il est ainsi associé au capital : "c'est leur capital". Et le groupe "va continuer de faire la course en tête en 2014 parce que ses salariés et chefs d'entreprises ont compris que dans la crise, il faut bouger", martèle le fils du fondateur du réseau.

Dans ce contexte, il se félicite du Pacte de responsabilité annoncé par François Hollande. "Décharger les nouvelles embauches du poids des cotisations familiales sans pénaliser le consommateur, c'est bon pour l'économie".

"Gattaz n'est pas clair"

Certes, "ce n'est pas ça qui créé de l'emploi, ce sont les projets de développement", mais un tel dispositif rassure sur les projets de développement, il "sécurise celui qui a un projet de création d'emploi"

Si le président de la République réussit à amener sa majorité à voter cela, il faut le soutenir. "C'est ce que le patronat voulait", affirme Michel-Edouard Leclerc, qui s'indigne de la position du président du Medef. "Le Gattaz n'est pas clair, il a dit qu'on créerait un million d'emplois si le gouvernement baissait les charges. Donc il n'y a pas à négocier, il faut accompagner le politique en s'engageant, en étant transparent".

Toutes les entreprises ne pourront pas embaucher bien sûr, mais il suffira que "des minorités agissantes, des gens qui ont des projets" commencent: "10 à 15% des chefs d'entreprises suffisent à entraîner les autres".

Autre solution pour sortir de la crise: "revaloriser la fonction commerciale". Une "priorité". Le patron du groupe compte 2.500 emplois nouveaux en 2013 "dans des tâches qui, au départ, n'exigent pas de hautes qualifications, mais qui permettent de grandir". A ceux qui critiquent ces emplois, il répond "D'où vous parlez, on ne va pas faire qu'une France de fonctionnaires et d'ingénieurs, s'il n'y pas de commerciaux pour vendre des Rafales, on n'en vend pas".

N.G.