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Leclerc ne paiera pas l'amende réclamée par Bercy pour les pratiques de sa centrale d'achat

En juillet dernier, le groupe était accusé d'avoir utilisé sa centrale belge pour faire pression sur ses fournisseurs. "Ce sont des effets de manche" balaye Michel-Édouard Leclerc sur BFM Business.

200 millions d'euros. Ce serait la somme (en cumulé) des différentes amendes réclamées par Bercy au groupe E.Leclerc. En juillet dernier, le ministère annonçait une assignation en justice pour imposer une amende record de 117,3 millions concernant des pratiques commerciales jugées abusives.

Le ministère de l'Economie et des Finances, par la voix de sa secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher, reproche ainsi à "quatre entités du mouvement E.Leclerc - Eurelec Trading, Scabel, Galec et Acdlec" des "pratiques commerciales abusives commises par la centrale d'achat du mouvement implantée en Belgique - Eurelec Trading", indique un communiqué. En clair, Bercy reproche au groupe d'avoir fait pression sur ses fournisseurs.

"On nous reproche de vendre moins cher et on nous reproche d'avoir une coopérative d'achat avec des Allemands à Bruxelles", résume sur BFM Business ce mercredi Michel-Édouard Leclerc, soulignant que le "pouvoir public, aujourd'hui, salue les alliances dans la téléphonie, dans la banque" mais visiblement pas dans son secteur.

Surtout, il balaye tout contournement de la loi française. "En quoi ce serait-ce du contournement si la loi française respecte la loi européenne?", s'interroge-t-il. "On est dans un monde où (…) on joue les uns contre les autres. Et c'est nul ! Moi, avec 40 ans de pratique dans la distribution, toutes ces politiques, je les envoie balader !"

"Le politique nous la joue House of Cards"

Alors le groupe va-t-il payer la somme réclamée ? "Non, bien sûr", balaye son patron. "Ce sont des effets de manche" assure-t-il, critiquant l'absence de "séparation des pouvoirs" entre l'exécutif et le judiciaire.

"Une ministre qui dit : 'Leclerc va payer 200 millions d'euros. (…) Je ne sais pas d'où elle sort ça ! Il n'y a même pas de dossier instruit" critique Michel-Édouard Leclerc. "Cette ministre ne sera plus là dans trois ans, quatre ans, quand ce sera plaidé, discuté en contentieux."

"Donc, ça ne mange pas de pain" poursuit-il, fataliste. "On voit que le politique nous la joue 'House of Cards', ce serait mieux qu'il s'occupe de la politique agricole, ce serait mieux qu'il nous donne des repères à tous, distributeurs et agriculteurs, pour qu'on travaille ensemble."

Thomas Leroy