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Le secteur de l'habillement inquiet après l'échec des soldes d'été

Invité sur BFM Business, Étienne Djelloul, vice-président de la Fédération nationale de l'habillement, déplore le chiffre d'affaires "décevant" des soldes.

Les soldes d'été qui ont débuté le 30 juin, après des ventes robustes en mai-juin, ont connu un "démarrage poussif" qui ne compensera pas la perte de chiffre d'affaires du premier semestre, selon les commerçants de l'habillement.

Avec un début décalé d'une semaine cette année (contre un démarrage retardé au 15 juillet en 2020), le chiffre d'affaires des commerçants indépendants de l'habillement a progressé de 4,5% sur la première quinzaine par rapport aux deux premières semaines de soldes d'été l'an dernier, selon la Fédération nationale de l'habillement (FNH) qui n'a pas calculé l'évolution par rapport à 2019.

"Nous sommes dans l'inquiétude, la trésorerie ne se fait pas", affirme sur BFM Business, Franck Hoët, vice-président de la FNH.

"C'est très décevant, la clientèle est complètement perdue par rapport aux soldes, elle ne sait plus comment se positionner. L'an dernier nous avions démarré le 15 juillet, c'était très bien, ça nous permettait d'avoir un mois de juin complet" de ventes à plus forte marge, ajoute-t-il.

Après une réouverture au 19 mai qui a vu "exploser la fréquentation des boutiques, jusqu'au 15 juin, l'annonce d'un début des soldes au 30 juin "a stoppé net toute consommation", selon lui.

Les sodes, obsolètes?

Pour Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce (commerces d'habillement, de chaussures et de centre-ville), "les soldes ont très mal commencé et après environ trois semaines, au 17 juillet, on est à -12% de chiffre d'affaires par rapport à 2019 et -28% de trafic en moins, selon notre panel Retail Int".

"Peut-être que les clients qui avaient envie de retourner dans les magasins (après restrictions et confinement) ont fait leurs achats sans attendre les soldes, d'autant que des ventes privées et des offres promotionnelles ont accompagné cette reprise", dit Yohann Petiot, dont l'organisation ne souhaitait pas un démarrage plus tardif des soldes. "Par rapport à 2020, on fait +16% d'activité", dit-il.

Au final les soldes, qui prendront fin le 27 juillet, "ne compenseront pas le recul de 22%" du chiffre d'affaires du premier semestre, comparé à 2019, estime la FNH, qui représente les commerçants et les groupements de détaillants du prêt-à-porter, de la mercerie et du tissu (40.000 points de vente, 80.000 emplois, 12,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires).

La FNH fera des propositions pour "changer la structure des soldes, devenus obsolètes", dit-elle, à l'automne.

"La période des soldes n'a plus le même impact qu'il y a 10 ans", relativise Emmanuel Le Roch, délégué général de la fédération Procos (commerce spécialisé) qui publiera ses chiffres début août. "C'est un peu mi-figue mi-raisin: les clients reviennent dans les magasins mais ça n'est pas un réel booster par rapport aux ventes", conclut-il.
Pauline Dumonteil avec AFP