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Le gouvernement veut endiguer la multiplication anarchique des drives

Contrairement aux grandes surfaces, l'ouverture d'un drive échappe à la législation

Contrairement aux grandes surfaces, l'ouverture d'un drive échappe à la législation - -

Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat et du Commerce, va présenter le mois prochain un projet de loi visant à encadrer le développement anarchique des drives, ces points de livraisons des courses effectuées en ligne.

Prisés des consommateurs, les drives ont poussé comme des champignons ces deux dernières années: les supermarchés ont ouvert plus de 2.000 points permettant à leurs clients de venir chercher en voiture les courses commandées sur leur site internet. Le gouvernement compte encadrer ce développement qui frise l’anarchie. La ministre de l’Artisanat et du Commerce Sylvia Pinel va présenter le mois prochain en conseil des ministres un projet de loi sur le thème de l’urbanisme commercial.

Car, contrairement aux grandes surfaces, l’ouverture des drives n’est soumise à aucune réglementation. Ils ne doivent donc pas recevoir l’accord de la commission départementale d’aménagement commercial.

Un permis de construire suffit à ouvrir un drive

Un vide juridique dont la grande distribution tire profit. Si les premiers drives étaient souvent accolés aux supermarchés, les enseignes ont désormais tendance à ouvrir ces points de distribution indépendamment de leurs magasins. Leurs cibles préférées étant les points de fort passage, comme les zones commerciales.

Or les élus locaux s’inquiètent des répercussions sur le commerce local, comme Fanny Dombre Coste, députée PS de l’Hérault. "Il suffit de déposer un permis de construire ou d’aménager un local", constate-t-elle. Son souhait est donc que les drives soient soumis aux mêmes contraintes que n’importe quel commerce.

Selon les Echos, l’entourage de Sylvia Pinel redoute "un phénomène d’accélération. La régulation doit intervenir le plus rapidement possible".

Reste cependant un espoir d’auto-régulation: les grandes enseignes sont de plus en plus nombreuses à se rendre compte que les drives ne sont pas ausssi rentables qu’espérés.

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Coralie Cathelinais