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Le crédit à la consommation séduit toujours plus les Français

Après une pause en 2020, les crédit à la consommation repartent à la hausse. Le montant des dettes contractés par les ménages pour financer leurs dépenses s'approche des 200 milliards.

Les Français n’ont jamais autant épargné que pendant la crise sanitaire et pourtant le recours au crédit à la consommation ne baisse pas. Bien au contraire. Selon les dernières données de la Banque de France, depuis cet été, le montant total des nouveaux prêts accordés chaque mois ne cesse de progresser: 5,5 milliards d'euros en juillet, 5,6 en août, et, enfin, 5,7 en septembre et octobre.

Par rapport à l’an passé, le montant total de l’encours dû par les ménages au titre des crédits à la consommation (194 milliards d’euros) a ainsi augmenté de 2,1%. En cinq ans, cette "dette" s'est accru de 20%, soit 33 milliards d’euros de plus.

Les Français loin devant les Italiens ou les Espagnols

Comment expliquer que même lorsque le montant de leur épargne atteint des niveaux record, les Français fassent autant appel aux établissements spécialisés ou aux banques pour financer leurs dépenses?

D’abord, durant la crise sanitaire tous les Français n’ont pas été en mesure de mettre davantage d'argent de côté. Ensuite, depuis des années, la France figure dans le peloton de tête des pays d’Europe où le crédit à la consommation prospère.

Selon une étude publiée sur le site du Parisien, en France un ménage sur deux (51%) a déjà souscrit plus de cinq crédits à la consommation depuis qu’il est en mesure d’emprunter. Ils ne sont que 46% en Allemagne, 41% en Espagne et 34% en Italie.

Un ménage sur 6 emprunte pour combler un découvert

Ces crédits à la consommation sont, dans trois cas sur quatre utilisés pour régler une grosse facture: achat d’une voiture ou de meubles, financement de travaux de rénovation d’un logement. Néanmoins, toujours selon l’enquête publiée par le Parisien, 17% des ménages déclarent emprunter pour combler un découvert bancaire.

La hausse de l’encours total des crédits à la consommation risque-t-elle d’entraîner une envolée du surendettement? C’est ce que craignaient les économistes au début de la crise sanitaire, du fait notamment de l’explosion attendue du chômage. Il n’en a rien été. Le "quoi qu’il en coûte" a aussi permis d’éviter cette envolée.

Le surendettement reste à un très bas niveau

En 2020, la Banque de France avait recensé 108.731 dépôts de dossiers de surendettement, soit le plus bas niveau depuis 1990 et une baisse d’un quart par rapport à 2019. Et cette année, la tendance reste bonne avec 102.000 dépôts entre janvier et octobre.

En 2021, sur les dix premiers mois, le niveau des dépôts de dossiers reste à un étage bas, à - 16% par rapport à la même période de 2019. Pour 2022, si l’arrêt progressif des aides transitoires et des moratoires doit conduire à demeurer attentif à l’évolution du nombre de dépôts de dossiers, le scénario d’une forte augmentation, encore envisagé il y a quelques mois, apparaît aujourd’hui très improbable." écrivent Pamfili Antipa, Karine Jean, Dominique Nivat, dans le dossier sur le surendettement publié le mois dernier par la Banque de France.

Une bonne nouvelle même si elle est en partie imputable au fait que les établissements de crédits se montrent plus sélectifs lorsqu’ils étudient les demandes de crédits qui leur parviennent.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco