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Le commerce français peut-il vraiment se permettre de boycotter le Black Friday?

La contestation monte contre cette journée de promotions, tant du côté du gouvernement que chez certaines marques. Mais après la crise des gilets jaunes, l'évènement reste une bonne opération pour le enseignes et peu d'entre elles peuvent s'en passer.

Le Black Friday est-il devenu incontournable? Pour la plupart des commerçants, impossible de passer à côté de cet événement américain, vieux de 70 ans et qui correspond au lendemain de la fête de Thanksgiving.

Arrivée en France depuis quelques années, la journée de promotions est, en réalité, une aubaine pour les commerçants de l'Hexagone, qui profitent largement de cette soudaine frénésie d'achat. L'année dernière, le volume des commandes a progressé de 34% par rapport à 2017, selon le Webloyalty Panel qui regroupe plus de 30 sites de e-commerce en France. Et l'édition 2018 n'a pas seulement profité qu'au géant Amazon. Cdiscount, Rakuten, Zalando ou la Redoute aussi... Ils ont ainsi gagné au global 6 points de parts de marché par rapport à 2017.

La grève du 5 décembre pourrait booster les ventes

Et cela devrait se poursuivre en 2019. Selon une étude réalisée par RetailMeNot, près de 6 milliards d’euros de dépenses sont attendues en France ce weekend, soit une augmentation de 4,1% par rapport à 2018.

L'événement est d'autant plus important que de nombreuses enseignes ont été largement touchées par la crise des gilets jaunes l'année dernière. Et la grève du 5 décembre, qui pourrait être reconduite, devrait probablement inciter les clients à profiter des offres.

Résultat, la fédération du commerce ne cache pas son effarement, après les propos de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, qui était invité lundi sur BFM Business. "C'est un peu une frénésie de consommation où à coup de remises, de publicités, on vous incite à acheter des produits dont vous n'avez pas nécessairement besoin", expliquait-elle. Pourtant, les événements commerciaux ont toujours rythmé le secteur.

Black Friday versus Green Friday

Certaines entreprises tentent pourtant le contre-pied. A commencer par la Camif qui boycotte, à grands coups de communiqués de presse, le Black Friday depuis trois ans. Une fois de plus, le spécialiste de l'ameublement va donc fermer son site, le temps d'une journée, en signe de protestation contre la "surconsommation". D'autres ont, depuis, embrayé, pour suivre une ligne écologique qui vise notamment à réduire le bilan carbone de toutes ces livraisons en pagaille.

Face au Black Friday, une initiative "Green Friday" a même été lancée par un collectif de 600 marques françaises dont Nature & Découvertes… mais surtout énormément de petites marques qui espèrent profiter de cette tendance pour la "consommation durable et engagée". Une action de niche qui ne devrait pas ralentir l'explosion des ventes pour ce nouveau rendez-vous. Un incontournable de l'année…

Thomas Leroy