BFM Business

La SNCF ouvre ses gares aux paniers bio de "la Ruche qui dit oui"

La SNCF s'associe avec cette start-up qui met en relation agriculteurs bio locaux et consommateurs. Les clients peuvent désormais récupérer leur panier directement en gare.

Fini les détours pour les locavores! Leur panier de légumes, fruits, pain et pot de miel, ils peuvent désormais le récupérer directement à la gare, avant de prendre leur train ou en sortant du wagon. Le fruit d'un partenariat qui vient d'être noué entre Gares&Connexions, la filiale qui gère les gares SNCF, et La Ruche qui dit oui.

La start-up créée il y a cinq ans est devenue le leader français de la mise en relation de producteurs certifiés bio avec le consommateur final. Une forme de consommation qui favorise les circuits courts, supprime les intermédiaires, permet aux agriculteurs de fixer leur propre prix. Avec deux particularités par rapport aux autres AMAP: les consommateurs peuvent choisir à l'avance le contenu de leur panier, et l'offre s'étend bien au-delà des légumes et fruits, avec de la viande, des produits laitiers, et même du savon.

70 gares fin 2017

Le concept cartonne. Aujourd'hui, plus de 650 Ruches essaiment dans toute la France. Son partenariat avec la SNCF, dont les gares maillent étroitement le territoire français, devrait étendre encore son territoire de conquête. Actuellement, La Ruche a signé un bail dans 29 gares, comme Angers, Melun, La Rochelle, Lyon, Pont Cardinet, Montpellier, etc. 11 autres locaux sont en construction à Lille, Paris, Marseille et Nice. À terme, Gare&Connexion mise sur 70 gares équipées fin 2017, indique sa porte-parole.

Le processus prend un peu de temps. Pour chaque nouvelle Ruche, la start-up doit trouver des agriculteurs locaux, des bénévoles pour assurer la distribution, et bien entendu, des clients. Mais dans les gares qui proposent déjà ce service, comme à Conflans-Saint-Honorine où la porte-parole de Gare&Connexion s'est rendue, les clients sont conquis.

Un modèle payant pour tout le monde

Du côté de la SNCF, ce partenariat est une pierre de plus à l'édifice "City Booster", la stratégie mise en place depuis 2014 par le nouveau directeur de Gare & Connexion, Patrick Ropert. Une stratégie qui consiste à faire de la gare "un village urbain". Un lieu de vie avec supermarchés et services qui font gagner du temps à l'usager, et lui procure des moments de convivialité.

Le modèle est payant pour tout le monde: les commerces en gare ont vu leurs ventes progresser de 8% en 2016, quand elles n'augmentaient que de 2% pour les mêmes enseignes situées dans des centres commerciaux. Et la SNCF touche, en plus du loyer, une redevance sur le chiffre d'affaires de ces commerces (à l'exception de la Ruche qui dit oui, évidemment). Des profits qu'elle réinvestit ensuite dans les gares, pour les rénover et en améliorer le confort.

Nina Godart