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La Poste sous pression pour accélérer sa mutation

La Poste doit accélérer sa mue.

La Poste doit accélérer sa mue. - Loïc Venance - AFP

Le groupe doit voter en décembre prochain le contrat d'entreprise pour la période 2018-2022 qui demande notamment au groupe public d'accélérer sa mue, selon Le Monde. Et les députés suggèrent quelques pistes dont, certaines sont radicales.

En perpétuelle mutation depuis l'avènement d'internet et la chute du courrier (-18% entre 2013 et 2016, de 14 à 11 milliards d'objets) La Poste est invitée à accélérer sa mue. Le groupe public devra voter le 16 décembre prochain, le contrat quinquennal avec l'État pour la période 2018-2022.

Et clairement, selon des extraits du projet diffusé par Le Monde, La Poste va encore devoir aller plus loin dans sa mutation. Le groupe est notamment invité à augmenter les partenariats pour conserver un maillage d'au moins 17.000 points de contact en France.

Améliorer la service

Actuellement, le groupe public en compte 17.111, permettant ainsi à 97% de la population d'y accéder en parcourant moins de 5 km. Mais pour tenir cet objectif inscrit dans la loi, le groupe dirigé par Philippe Wahl, a eu recours à des partenariats avec des commerçants ou des mairies. Le contrat propose ainsi de réfléchir à "de nouveaux types de partenariats", avec les gares ou encore les offices de tourisme.

La Poste est également invitée à "rechercher de nouvelles formes de présence postale dans les zones confrontées à l'exclusion sociale", et dans les villes de moins de 10.000 habitants.

Par ailleurs, le contrat prévoit que La Poste mette à disposition de ses concurrents (DHL, FedEx) ses bureaux comme points de retrait de colis dans certaines zones. Le tout, évidemment, contre rémunération.

Concernant l'évolution de la distribution du courrier, le contrat donne la priorité "à la qualité du parcours client" et à "la réussite de la livraison à domicile". La satisfaction de l'usager sera évaluée avec plusieurs outils. Enfin, l'État propose que La Poste puisse jouer un rôle dans "la diffusion de l'abonnement numérique à la presse quotidienne".

Des pistes qui ne font donc que poursuivre la métamorphose progressive de La Poste. Celles que proposent les parlementaires est plus radicale. Dans un avis rendu sur ce projet de contrat à la mi-octobre, la Commission Supérieure du Numérique et des Postes (CSNP), composée de députés et de sénateurs, faisaient apparaître des idées assez décapantes.

La lettre à J+1 remise en cause

Cette commission considérait ainsi que le contrat ne va pas "assez loin dans l’innovation et l’évolution de la mission" du service universel postal. Elle proposait notamment de "reconsidérer la pertinence du service J+1 (la lettre rouge prioritaire)" et demande "que soient évaluées les contraintes générées par le maintien de cette offre". "Une réflexion menée dans ce sens pourrait alléger la distribution, libérant ainsi les facteurs pour assurer d'autres activités (nouveaux services dans le cadre de la tournée ou hors de la tournée)", écrivaient-ils.

Par ailleurs, la commission s'interrogeait sur le "maintien du livret A, comme seul support de bancarisation". Elle souligne à ce titre que deux millions de personnes utilisent le livret A "comme un quasi-compte bancaire au quotidien" générant "une forte sollicitation des guichets de La Banque Postale en bureaux de poste" alors que "le coût moyen d’une opération, tous types d’opération confondus, est largement supérieur à celui d’une opération hors guichet, 11,53 euros contre 0,97 euros".

Plus généralement, les parlementaires demandent à l'État d'être "plus ambitieux pour l'entreprise publique".

"Dans une période de transformation radicale menée avec détermination et lucidité par le management de l’entreprise publique, il est vital que l’actionnaire l’accompagne avec volontarisme. L’État actionnaire doit permettre l’accélération de la transformation de La Poste et ne pas se contenter d’un accompagnement minimaliste sur des missions de service public, certes toujours valides, mais qui datent. Les engagements citoyens, inscrits sous cette forme, risquent de rester au stade de l’expérimentation", développe-t-il.
J.M.