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La maison mère de William Saurin rattrapée par une affaire de fraudes comptables

L'usine William Saurin de Pouilly sur Serre

L'usine William Saurin de Pouilly sur Serre - Raimond Spekking Wikimedia Commons - CC

Le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette est accusé d'avoir truqué ses comptes par l'intermédiaire de fausses factures, selon Le Figaro.

William Saurin, Madrange, Paul Prédault…C’est un empire qui est aujourd’hui accusé de fraude comptable de grande ampleur. Le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette (FTL) aurait truqué ses comptes pendant au moins dix ans. Une fraude qui porterait sur des fausses factures aux montants extravagants, selon Le Figaro qui révèle cette information dans son édition de jeudi. "Au total, le trucage porterait sur une somme colossale: 250 à 300 millions d'euros, étalés sur une décennie ou plus", selon le quotidien. Contactée par l'AFP, la communication du groupe FTL n'a pas souhaité confirmer ces chiffres.

Il a fallu attendre le décès à 78 ans de la dirigeante du groupe, Monique Piffaut, fin novembre pour que soient enfin révélées les pratiques de cette patronne "affabulatrice" et "maternaliste", uniquement connues d'une "poignée de cadres sous la coupe de cette autocrate", selon Le Figaro.

"Capable de multiplier les transferts de fonds d'une société à l'autre pour éponger les pertes, Monique Piffaut a (...) mis en place un gigantesque système de fausses factures et d'avances fictives aux fournisseurs", ajoute le quotidien. "Ses promesses sociales - les seules qu'elle ait tenues - l'ont empêchée de mener les restructurations nécessaires au redressement du groupe et de ses filiales en difficulté. La préservation de l'emploi et la proximité avec les salariés ont été un de ses fils conducteurs", explique Le Figaro.

70 millions d'euros d'aides de l'État

Selon le quotidien, "son enrichissement personnel n'était en rien sa motivation. Elle a fini sa vie ruinée, avec un endettement personnel de 60 millions d'euros", loin des 400 millions de fortune personnelle dont l'avait créditée la presse à son décès. Les difficultés de FTL, qui emploie 3.200 salariés sur 21 sites en France, ont été mises au jour après le décès Monique Piffaut, sa propriétaire et actionnaire unique. La justice a été saisie.

L'État s'est dès le début fortement impliqué pour que cette holding qui regroupe des marques grand public (William Saurin, Madrange, Paul Prédault) évite la liquidation judiciaire. Il a ainsi annoncé le mois dernier avoir déposé 70 millions d'euros dans un fonds dédié dans le but de maintenir l'activité du groupe, et obtenu l'accord des 17 banques travaillant avec FTL pour abonder le fonds.

P.L avec AFP