BFM Eco

La livraison en un jour coûte cher à Amazon mais augmente ses ventes

Amazon a réalisé des ventes records pour son "Prime Day"

Amazon a réalisé des ventes records pour son "Prime Day" - AFP

Le géant américain a vu ses ventes augmenter de 20% au deuxième trimestre mais ses bénéfices ont été inférieurs aux attentes. La faute au coût élevé de la livraison en 24 heures déployée en Amérique du nord depuis quelques mois.

L'investissement consenti par Amazon pour offrir à ses abonnés nord-américains une livraison en 24 heures coûte cher au géant du commerce en ligne, dont les résultats financiers du deuxième trimestre ont déçu.

Mettre en place ce service "a créé un choc dans le système", a d'ailleurs admis Brian Olsavsky, le directeur financier du groupe jeudi, avant de préciser qu'Amazon travaillait "à le résoudre" mais que cela pourrait prendre plusieurs mois. "Mais quand la poussière sera retombée nous regagnerons en efficacité" estime-t-il.

Le groupe a réalisé un bénéfice net de 2,6 milliards de dollars sur la période allant d'avril à juin. C'est à peine plus que les 2,5 milliards d'il y a un an. Jeff Bezos, patron-fondateur d'Amazon se félicite, lui, de l'introduction ce nouveau service: "La livraison en un jour est désormais disponible pour les abonnés de Prime sur plus de dix millions de produits, et ce n'est qu'un début" écrit-il dans le communiqué accompagnant la publication de ses résultats financiers.

Un service qui a coûté plus de 800 millions de dollars au deuxième trimestre. Une facture plus salée que prévu. "Nous avons eu des coûts additionnels dans nos entrepôts, et notre expansion rapide nous a coûté en productivité" explique le directeur financier d'Amazon.

Concurrencer les grandes surfaces

Les analystes financiers qui décryptent les résultats des entreprises et donnent leur avis sur leur stratégie partagent le point de vue de Jeff Bezos. "C'est un coût à court terme qui sera payant sur le long terme, et qui est nécessaire stratégiquement pour offrir un avantage compétitif aux consommateurs par rapport à la distribution en dur" estime par exemple Charlie O'Shea, analyste chez Moody's.

Pour Neil Saunders, directeur de GlobalData Retail, "les grandes surfaces traditionnelles comme Walmart et Target ont accéléré leurs efforts au niveau de la vente en ligne et elles ont l'avantage de pouvoir offrir la livraison en magasin, pour les consommateurs qui veulent récupérer leurs achats rapidement". Selon lui, "Amazon n'a pas vraiment cette possibilité donc il était obligé de répliquer en offrant une livraison plus rapide gratuitement".

Le prochain gros test pour ce nouveau service aura lieu en fin d'année, avec les fêtes. "Nous avons confiance dans nos capacités à répondre à la demande saisonnière", a assuré l'un des responsables d'Amazon aux analystes. "C'est un peu tôt pour le dire, mais nous avons eu un très bon test avec le Prime day", a-t-il ajouté, en référence à l'opération annuelle de super-soldes, qui a permis à la firme de Seattle d'écouler, sur deux jours en juillet, plus de 175 millions de produits dans 18 pays auprès d'abonnés à son programme de fidélité Prime.

Le cloud et la pub en ligne cartonnent 

Neil Saunders estime qu'à moyen terme Amazon pourrait réduire ses coûts en automatisant encore davantage ses entrepôts et ses systèmes de livraison, tandis que ses concurrents traditionnels devront eux aussi proposer des services encore plus rapide pour rester dans la course. "Cela va aussi leur coûter cher mais, contrairement à Amazon, ils n'ont pas de divisions très lucratives pour amortir l'érosion de leur marge, comme le cloud", remarque-t-il.

Les ventes totales de la société ont progressé de 20% à 63,4 milliards de dollars, dans la tranche haute de ses propres prévisions, portées notamment par ses activités de "cloud", d'abonnement à son service de livraison et de vidéo Prime, et de publicité en ligne, toutes en hausse de 37% sur un an.

F.B. avec AFP