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La Cour des comptes dénonce la gabegie du "dossier médical personnel"

La Cour des comptes, dans un rapport de mardi 19 février, critique le dossier médical personnel

La Cour des comptes, dans un rapport de mardi 19 février, critique le dossier médical personnel - -

Créé en 2004 mais officiellement lancé en 2011, "le dossier médical personnel" est au point mort. Dans un rapport publié mardi 19 février, la Cour des comptes dénonce un véritable gâchis : au moins 210 millions d'euros.

Le projet du "dossier médical personnel" (DMP) s’enlise. Créé par la loi du 13 août 2004 votée à l'initiative de Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, et mis en place seulement en janvier 2011, le DPM s’inscrit dans le cadre de la réforme du médecin traitant et du parcours de soins.

Pourtant, fin 2012, seuls 260 000 DMP ont été ouverts selon la Cour des comptes dans un rapport publié mardi 19 février. Un chiffre dérisoire qui s’expliquerait par des problèmes de logistique: il a en effet fallu doter l’ensemble du corps médical d'un logiciel avant d’en faire la promotion au grand public.

Malgré le faible nombre d'utilisateurs, les dépenses sont déjà très élevées. "Le coût total de développement du dossier médical personnel a été d’au moins 210 millions d’euros, avec cependant une marge importante d’approximation. Au total, le développement et la mise en place de dossiers médicaux personnels, sous différentes formes a vraisemblablement coûté plus d’un demi-milliard d’euros à fin 2011, essentiellement à la charge de l’assurance maladie", s’inquiète la Cour des comptes.

"Absence anormale et préjudiciable de stratégie"

En dehors des coûts, la Cour des comptes constate "une absence particulièrement anormale et préjudiciable de stratégie et un grave défaut de continuité de méthode dans la mise en œuvre d’un outil annoncé comme essentiel". Elle considère même comme "particulièrement préoccupant qu’il n’y ait pas encore été remédié alors qu’elle a à plusieurs reprises alerté les autorités compétentes".

Pour les magistrats de la rue Montpensier, il devient urgent que "l’Etat définisse enfin, dans une concertation plus étroite avec tous les acteurs, une stratégie d’ensemble pour intégrer le DMP dans une vision globale de l’organisation du dispositif de soins et des systèmes d’information en santé". Car en effet, aucun décret n’a été publié à ce jour pour définir le champ et le contenu du DMP.

Diane Lacaze