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L'Inde fait ses comptes après la panne d'électricité

L'Inde s'inquiète des retombées de la mega-panne qui a paralysé le pays pendant deux jours.Flickr/CC/dirk huijssoon)

L'Inde s'inquiète des retombées de la mega-panne qui a paralysé le pays pendant deux jours.Flickr/CC/dirk huijssoon) - -

L’économie du pays, paralysée pendant deux jours par un black-out, pourrait enregistrer un manque à gagner de plusieurs milliards de roupies. Cette crise souligne l’urgence pour l’Inde d’investir dans le secteur de l’énergie.

Entre dimanche et mardi, l’Inde a connu sa plus grande panne d’électricité depuis dix ans. Au paroxysme de la crise, la moitié du pays s’est trouvée dénuée de courant. Le quotidien de plus de 600 millions d’Indiens a été perturbé et une bonne partie des activités économiques du pays ont été paralysées.

Il est encore trop tôt pour évaluer avec précision toute les répercussions financières de cette méga-coupure. Le lobby de la Conférence de l’industrie indienne (CII), cité par l’Usine Nouvelle, a fourni une première estimation à l’emporte-pièce: le préjudice s’élèverait à plusieurs milliards de roupies, sans plus de détails. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les pertes qu’ont pu connaître les grands groupes tels que Danone, Alstom ou Renault, présents dans l’un des vingt Etats touchés par ce black-out.

Mais le pays s’inquiète aussi des retombées économiques sur le plus long terme. L’instabilité du réseau électrique indien n’est un secret pour personne tant les coupures sont fréquentes lors des pics de consommation. Le pays souffre en effet d’un déficit d’approvisionnement d’environ 12%. Mais l’ampleur de cette dernière pourrait ternir l’image du pays et ainsi refroidir les ardeurs des investisseurs. Une catastrophe pour un pays qui connaît l’un des taux de croissance les plus élevés du monde depuis dix ans.

La part du nucléaire devrait atteindre les 25% d

"Il est impératif que nos infrastructures de base répondent aux aspirations des acteurs économiques du pays", a résumé le directeur général de la Confédération indienne de l'industrie, Chandrajit Banerjee.

Il est donc urgent pour le pays de résoudre ses soucis d’approvisionnement énergétique. L’Inde a déjà planifié un programme de développement de 400 milliards de dollars sur les cinq années à venir. Actuellement, le pays tire essentiellement son énergie du charbon. New Dehli compte faire passer la part du nucléaire de 3 à 25% d’ici 2050, mais les autorisations nécessaires tardent à être délivrées.

Enfin, le réseau de distribution, totalement obsolète, doit lui aussi être reconstruit. Autant de chantiers colossaux qui vont nécessiter des investissements importants et se répercuter sur le prix de l’énergie. Selon Seema Desai, analyste au sein du groupe de recherche Eurasia Group, la facture pourrait s'alourdir de 40% dans certains Etats.

Coralie Cathelinais (avec AFP)