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L'embargo russe pèse lourdement sur le secteur alimentaire

La France exporte 75.000 tonnes de porc chaque année vers la Russie.

La France exporte 75.000 tonnes de porc chaque année vers la Russie. - Axel Heimken - AFP

A l'exception des vins et spiritueux, la Russie a imposé un embargo sur la quasi-totalité des produits alimentaires européens. Pour le marché français, cela représenterait une perte de 619 millions d'euros.

L'embargo russe sur les produits alimentaires européens inquiète les professionnels du secteur. Ils rencontrent le ministre de l'Agriculture, Stephane Le Foll, ce mercredi 3 septembre, avant sa réunion vendredi au niveau européen. A l'exception des vins et spiritueux, la Russie a décidé le 6 août un embargo sur pratiquement tous les produits alimentaires en provenance de l'Union européenne et des Etats-Unis. Une réponse aux sanctions économiques qui la visent dans le dossier ukrainien. L'impact, plus ou moins important selon les denrées, touche particulièrement la filière de la viande.

Depuis un mois, les conteneurs restent sur les quais et les stocks débordent dans les abattoirs. La France exporte chaque année 75.000 tonnes de porc, 25.000 de bœuf, et 35.000 tonnes de volaille vers la Russie.

Perte de 500.000 euros

Le Sniv (syndicat national des industries de la viande), qui représente les entreprises du secteur, évalue la perte à 500.000 euros sur l'année. Car le marché russe est très spécifique, avec une demande pour des produits gras ou des abats. Des produits peu valorisés sur les autres marchés ou à des prix extrêmement bas.

La filière laitière s'estime la plus impactée par l'embargo russe. Faute de pouvoir exporter ses fromages, le lait a été transformé en poudre ou en beurre pour mieux se conserver mais du coup les cours se sont effondrés.

Côté fruits et légumes, la saison s'annonce très mauvaise pour la pomme. La récolte a été abondante mais ne trouve plus preneur. La Pologne qui exportait 500.000 tonnes de pommes vers la Russie se tourne désormais vers le marché européen. Conséquence, là aussi une chute des prix et un slogan "mangez des pommes" remis au goût du jour. L'Ania (Association nationale des industries alimentaires) estime à 619 millions d'euros au minimum l'impact total de l'embargo russe sur l'industrie agroalimentaire française.

Hélène Cornet