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Hypermarchés: petit coup de mou pour le "drive"

Sur les produits de grande consommation, le drive s’est déjà adjugé 4% de part de marché annuelle en quelques années.

Sur les produits de grande consommation, le drive s’est déjà adjugé 4% de part de marché annuelle en quelques années. - Lionel Bonaventure - AFP

Si un foyer sur quatre y a fait ses courses en 2014, leur rythme d'ouverture a ralenti au 1er trimestre 2015 à 1,2 drive par jour.  En 2014, 34 drives ont cessé leur activité.

Véritable phénomène instaurant un nouveau mode de distribution, la croissance exponentielle du "drive", concept initié par Auchan, a atteint un palier.

En cinq ans, les "drives" issus des enseignes de la grande distribution, ont fleuri sur le territoire français : en avril 2015, ce sont 3.428 sites qui ont été recensés dans la base de données Nielsen TradeDimensions.

Ce chiffre recouvre, selon une étude Nielsen réalisée en partenariat avec la Fevad (fédération du e-commerce et la vente à distance), deux catégories bien différentes de sites : 2.535 sont ainsi qualifiés de click&drive. Il s'agit d'espaces marchands dédiés à cette activité, avec des pistes pour les véhicules et des bornes de retrait des commandes passées sur Internet.

Certains sont physiquement accolés à un hypermarché ou un supermarché existant, d’autres sont des entrepôts dédiés au service drive créés ex-nihilo, ils sont alors dits "déportés".

L'autre catégorie comporte 859 drives qui sont, en fait, des hypermarchés ou supermarchés classiques. Ils proposent un service drive à leur clientèle avec la possibilité de retirer en magasin une commande effectuée sur leur site internet.

Une couverture du territoire très étendue

Selon cette étude, le rythme d’ouverture de nouveaux drives appartenant à la première catégorie, a ralenti pour la première fois, par rapport aux années 2012/2013 où il se créait 1,9 click&drive par jour. Au 1er trimestre 2015, il ne s’ouvrait plus que 1,2 click&drive par jour, pourrait-on dire.

Sur les 105 créations de click&drive observées depuis le début 2015, seules 10 étaient des créations de drive dits déportés.

Parallèlement, en 2014, plus de 34 click&drive ont ainsi arrêté leur service. Selon les auteurs de l'étude, "la rentabilité des différents modèles est plus que jamais au cœur des réflexions : ainsi, parmi les click&drive déportés, 70% ne sont pas (encore) au seuil des 5 millions d’euros annuels".

Au vu de leur implantation géographique (ci-dessous), les "drives" ont couvert en cinq ans, le territoire national de manière très étendue. Cette couverture très dense peut expliquer la rentabilité incertaine de certains sites.

Les implantations de "drive" en France ont explosé en 5 ans

En 5 ans, les "drives" ont ouvert tout l'hexagone
En 5 ans, les "drives" ont ouvert tout l'hexagone © Nielsen Tradedimensions

"L’effet parc - via les ouvertures - va mécaniquement s’atténuer, mais le drive garde intrinsèquement un potentiel qui n’a pas encore été exploité pleinement…" explique Daniel Ducroq, directeur de l'activité Sales Force Activation chez Nielsen France, pour relativiser ce ralentissement des implantations.

"Si les drives les moins rentables vont disparaître, il reste un potentiel d’ouvertures non négligeable pour les drives. Les supermarchés, notamment, sont encore sous-équipés en drive… comme le sont certaines zones urbaines" ajoute-t-il.

Quoiqu'il en soit, le drive s’est déjà adjugé 4% de part de marché annuelle en quelques années (soit 4 milliards d’euros). Il représente même 40% de la croissance du chiffre d’affaires de la grande consommation sur le dernier exercice, selon l'étude.

Sur le début d’année 2015, les ventes réalisées en drive progressent encore de +25% ! Ce serait même près d’1 foyer sur 4 qui aurait acheté par ce moyen au moins une fois au cours de 2014, prétend l'étude Nielsen.

"Nos estimations les plus basses donnent une part de marché en progression régulière jusqu’à 5,5% pour le drive d’ici 2018. Et plus de 7% dans nos hypothèses hautes, si l’élargissement de la clientèle se poursuit", ajoute Vincent Cornu, directeur de la distribution chez Nielsen France. 

Frédéric Bergé