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Heineken veut s'imposer sur le marché asiatique

Le contrôle d'APB, propriétaire de Tiger, donnerait à Heineken l'accès direct aux marchés asiatiques.

Le contrôle d'APB, propriétaire de Tiger, donnerait à Heineken l'accès direct aux marchés asiatiques. - -

Ce vendredi 20 juillet, le néerlandais Heineken a fait une offre de 3,3 milliards d’euros pour acquérir le brasseur Asia Pacific Breweries. Une opération stratégique qui traduit le dynamisme du marché de la bière en Asie.

Heineken veut renforcer ses positions en Asie. Ce vendredi, le groupe néerlandais a fait une offre de 3,3 milliards d’euros pour prendre seul le contrôle du brasseur Asia Pacific Beweries (ABP), fabricant de la célèbre bière Tiger, commercialisée dans plus de soixante pays.

Heineken, numéro trois mondial de la bière, détient déjà 42% du capital d’ABP. Son offre concerne les 39,7% détenus par un milliardaire thaïlandais via la société Fraser & Neave. Si elle est acceptée, Heineken proposera ensuite 1,55 milliard d’euros aux actionnaires minoritaires pour s’emparer de la totalité d’APB.

A travers cette opération, Heineken repense sa stratégie. Le groupe néerlandais réalise déjà la moitié de ses bénéfices dans les pays émergents et veut prolonger le mouvement. En effet, la consommation de bière en Europe occidentale, son marché historique, régresse. Les volumes y ont diminué de près de 2% au premier trimestre 2012. Dans le même temps, les volumes ont grimpé de 8,4% en Asie.

L'Asie, le nouvel eldorado pour les brasseurs

Pour Heineken, le plein et entier contrôle d'APB, très présent en Asie-Pacifique, lui assurerait un accès direct à des marchés en pleine expansion comme le Cambodge, la Chine, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, le Vietnam ou encore la Nouvelle-Zélande.

Sur le continent asiatique, en dépit des acquisitions faites ces dernières années, Heineken ne se mesure pas encore à armes égales avec les deux premiers brasseurs mondiaux, AB InBev et SABMiller, en particulier en Chine. A l’échelle internationale, Heineken a véritablement du retard à combler sur ces deux principaux concurrents.

Il y a un an, Sab Miller, le numéro deux mondial, rachetait la bière australienne Foster’s pour huit milliards de dollars. Le numéro un, AB inBev, a déboursé 20 milliards de dollars, il y a un mois, pour acquérir la marque mexicaine Corona. Des sommes gigantesques qui illustrent bien la féroce bataille à laquelle se livrent les brasseurs.

Jean-Baptiste Huet et BFMBusiness.com