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Faute d'avions, le melon de Guadeloupe et Martinique ne trouve plus de débouchés

La période d’exportation s’étale de fin janvier à mai, avec un pic entre avril et début mai.

La période d’exportation s’étale de fin janvier à mai, avec un pic entre avril et début mai. - Lionel Bonaventure - AFP

Caraïbes Melonniers avait prévu d'exporter près de 70% de sa production en les expédiant grâce à des avion sur les vols passagers. Mais le trafic aérien est quasi à l'arrêt.

En pleine saison de production, les melons de Guadeloupe et de Martinique, vendus en majorité à l'export, pâtissent de la réduction du trafic aérien liée à l'épidémie de coronavirus, déplore jeudi la Région Guadeloupe.

La crise sanitaire liée au Covid-19 "a un impact économique très lourd sur la filière melon aux Antilles et risque d’entraîner la faillite de Caraïbes Melonniers, l’organisation de producteurs de cette filière", qui regroupe 20 exploitants de melons, dont 16 en Guadeloupe et 4 en Martinique, explique la région Guadeloupe dans un communiqué.

Pour 2020, Caraïbes Melonniers avait prévu de produire "3.250 tonnes de melons en Guadeloupe", dont 2.250 tonnes pour l’export, soit près de 70% de sa production. La période d’exportation s’étale de fin janvier à mai, "avec un pic entre avril et début mai", et les expéditions, par avion sur les vols passagers, "sont généralement assurées par plusieurs compagnies". 

Seulement des vols Air France

Mais depuis le 23 mars "le trafic aérien entre les Antilles et le marché national est très fortement réduit" à cause de l'épidémie, et seule Air France assure des rotations, "avec des tarifs très augmentés", affirme la Région, ce qu'a démenti jeudi soir la compagnie aérienne.

Air France assure que pour le transport de fret en soute de ses vols, "en dépit de la réduction de la capacité, nos tarifs n’ont pas augmenté et sont restés stables, y compris pour le transport de melons".

Caraïbes Melonniers et son exportateur ont choisi d'affréter des vols avec une autre compagnie, "mais ce fret entraîne un surcoût important", que la Région va prendre en charge pour "quatre vols", pour un total de "354.850 euros". Ces quatre vols, qui transporteront un total de 134 tonnes de melons, permettront "de compenser en partie le manque à gagner", mais aussi de "préserver le marché national, face à la concurrence des importations du Maroc ou d’Espagne", explique l'institution régionale.

Parallèlement, une distribution locale de 1.500 cartons de melons est prévue en faveur des familles dans le besoin, précise la région.

C.C. avec AFP