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Dans les coulisses de l'usine Bic en pleine effervescence de rentrée

À Marne-la-Vallée en grande banlieue parisienne, la plus grande usine du géant mondial du stylo bille tourne à plein régime à six jours de la rentrée. Elle a ouvert les portes de sa chaine de production à BFMTV.

À six jours de la rentrée des classes, l'usine Bic, qui produit les célèbres stylos billes à Marne la Vallée, tourne à plein régime. On s'est rendu sur la chaîne de production d'où sortent 3 millions de stylos par jour, 50% de la production totale de l'entreprise française leader mondial du secteur.

En cette période de rentrée scolaire, à laquelle elle se prépare depuis janvier et jusqu'à juillet, l'usine réalise 50% de son activité annuelle. Ses ouvriers travaillent aux 3x8, et même sept jours sur sept par moment.

Outre le 4 couleurs et le Bic bleu, les petites mains de l'usine Bic fabriquent surtout le plus connu, le best-seller historique: le Crystal de couleur noire. Il faut 15 jours pour le fabriquer, puisque tous les éléments qui le composent sont manufacturés sur le site, "de la bille au tube plastique, en passant par la pointe et l'encre", explique Benoît Bemer, le directeur du site.

20 étapes et 60 contrôles par stylo

Ce qui prend le plus de temps : la fabrication de la fameuse bille, qui a rendu le Crystal si révolutionnaire lors de sa création en 1950. Pour la fabriquer, Bic part d'une poudre de carbone, extrêmement fine et extrêmement dure à la fois, qui est ensuite compressée avec de la poudre de diamant, encore plus dure, pour former la bille.

La production recourt au total à vingt processus différents. Il faut que la bille s'enchâsse parfaitement dans la pointe, afin qu'elle laisse passer assez d'encre pour que le stylo glisse, mais pas trop, pour éviter qu'il fuit. C'est notamment à cela que sert le petit trou dans la pointe du Bic: à harmoniser la pression de l’air sur toute la longueur du stylo et assurer un bon débit à l'encre. Un travail au micron près.

Ensuite, pour être sûr de mettre sur le marché des produits parfaits, l'usine procède à plus de 60 contrôles sur les différents composants du stylo Crystal. Des machines aussi précises que celles des horlogers suisses, par exemple pour peser et mesurer les billes, s'assurer qu'elles font toutes exactement le même poids et la même taille, et que leur forme est parfaitement sphérique. Celles qui ne sont pas exactement au bon calibre sont éjectées du circuit. Mais "il y en a très peu", assure le directeur du site.

Presque rien n'a changé pour le stylo Bic depuis 70 ans. Son poids a légèrement décru, de 14% pour atteindre 6 petits grammes. Et son encre, dont la formule a changé. Depuis, il est devenu inutile d'écrire sur sa semelle pour chauffer la pointe et ainsi "refluidifier" l'encre asséchée à l'entrée du réservoir.

Ashley Chevalier, édité par N.G.