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Coronavirus: et si on imposait des sens uniques de circulation dans les allées des supermarchés?

Les rayons d'un supermarché - Image d'illustration

Les rayons d'un supermarché - Image d'illustration - Denis Charlet- AFP

Un groupe de scientifique préconise la mise en place d'un "parcours client" unidirectionnel dans les commerces afin que les clients ne se croisent plus lorsqu'ils font leurs courses.

Les demi-tours seront-ils bientôt interdits dans les allées des grandes surfaces? C’est en tout cas le souhait d’un groupe de cinq scientifiques de Loire-Atlantique qui a délivré une série de préconisations visant à renforcer les mesures barrières dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus, rapporte Ouest-France. Parmi leurs différentes recommandations validées par l’Agence régionale de Santé, la mise en place d’un "parcours client" à sens unique dans les magasins de grande distribution. 

"La fréquentation des hypermarchés réaugmente et les gens se croisent à moins d’un mètre avec leur caddies. Pour éviter qu'ils se croisent, il faut mettre des sens uniques", explique à BFM Eco Ronan Dantec, sénateur et vétérinaire, porte-parole du groupe de spécialistes à l’origine de cette préconisation. L’idée serait donc d’instaurer un sens de déplacement avec des marquages et "des sens interdits", à l'instar de ce qui se fait déjà "dans une grande chaîne de magasins d’ameublement", précise Ronan Dantec. 

Et que se passe-t-il si un client oublie de prendre un produit devant lequel il vient de passer? "Il revient dans le rayon en passant par l’allée d’à côté", indique Ronan Dantec. "Ce parcours unidirectionnelle est mis en place sur beaucoup de marchés de plein air. On a clairement à ce stade un retard de préconisations sur les moyennes et grandes surfaces alimentaires par rapport aux marchés. Il est temps que l’Etat précise les règles", poursuit-il. 

Un avis du Haut conseil en santé publique attendu par les spécialistes

Pour faire avancer les choses, le sénateur attend "un avis du Haut conseil en santé publique qui conseille la Direction générale de la santé et le gouvernement". "Il est très important que le Haut Conseil soit saisi de cette question", martèle-t-il. 

Reste à savoir si cela convaincra le gouvernement de faire adopter le "parcours client" unidirectionnel au niveau national. Et au niveau local? Lundi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a demandé aux préfets "d’examiner en lien étroit avec les municipalités et au cas par cas, la nécessité de durcir les mesures de confinement dans les territoires où des signes de laisser-aller se feraient jour et où ces règles viendraient à être contournées". Pas sûr pour autant que cette possibilité rende les préfets compétents pour faire appliquer cette mesure à leur seule initiative. Contacté, le ministère de l’Intérieur n’avait pas encore répondu sur ce sujet à l'heure ou nous publions ces lignes. 

Une mesure "difficile à mettre en oeuvre"

Contactée, la Fédération du commerce et de la distribution se dit opposée à cette mesure "difficile à mettre en oeuvre d'un point de vue opérationnel car cela supposerait que tout le monde fasse ses courses au même rythme et achète donc les mêmes volumes" et "que l'on ne puisse pas revenir en arrière si on oubliait un produit dans une allée". 

Elle ajoute que "cela risquerait d'accroître le temps d'attente à l'entrée des magasins" et assure que les "gestes barrières sont en général bien respectés" par les clients et les salariés de la grande distribution.

Au-delà des allées à sens unique, le groupe de scientifiques préconise d’autres mesures à mettre en place dans les commerces. Ils conseillent par exemple d’appliquer le principe "un produit touché est un produit pris", le lavage des mains à l’entrée ou encore le port systématique d'un masque. Ils enjoignent également les caissiers et caissières à se laver les mains régulièrement plutôt qu'à porter des gants, lesquels "ne servent à rien", assure Ronan Dantec. 

Paul Louis