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Coronavirus: comment le marché international de Rungis se prépare à affronter l'épidémie

Le marché international de Rungis.

Le marché international de Rungis. - MARTIN BUREAU / AFP

En pleine crise du coronavirus, le plus grand marché de frais d’Europe, qui nourrit un français sur quatre, a adopté un arsenal de mesures pour continuer d’assurer sa mission d’opérateur d’importance vitale.

La crise du coronavirus pousse les entreprises à envisager le télétravail. Mais il y a un endroit en France où il est impossible, et où l’activité ne peut pas s’arrêter : le marché international de Rungis. Le plus grand marché de produits agricoles d’Europe, qui nourrit un Français sur quatre et qui a le statut d’opérateur d’importance vitale, s’organise donc pour continuer à assurer sa mission.

Depuis la mi-février déjà, Rungis a pris les devants en prenant "des mesures pour éviter la contamination des personnes qui y travaillent ou fréquentent le marché". Par exemple, les visites de particuliers, qui drainent chaque année quelques 22.000 personnes, ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre. Seuls les 12.000 salariés de Rungis et ceux qui disposent d’un numéro Kbis peuvent désormais entrer.

Par ailleurs, la Semmaris, qui exploite le marché, a renforcé toutes les mesures prophylactiques: augmentation de la fréquence de nettoyages des allées marchandes et des stands, gel hydroalcoolique à disposition, affichettes des bonnes pratiques placardées à tous les péages et dans les endroits où le public circule, etc. Un référent santé a par ailleurs été désigné, en lien permanent avec les autorités sanitaires.

Aucune rupture d'approvisionnement depuis l'Italie

Concernant les livraisons, Rungis n’a reçu aucune consigne de ne plus se fournir dans des pays où l’épidémie fait rage. Mais les grossistes comme Carniato, qui importent puis revendent des produits d’épicerie italienne type pâtes, vins, panettone etc., a mis en place de nouvelles procédures. Comme par exemple, équiper les employés qui déchargent les livraisons de masques et combinaison.

Actuellement, nombre de grossistes travaillent avec l’Italie. Des traiteurs mais aussi certains laitiers qui vendent du gorgonzola et autres fromages italiens, et des primeurs qui achètent certaines tomates et agrumes à la péninsule. Pour le moment, ils ne connaissent aucune rupture d’approvisionnement ni de stock.

Côté fréquentation, les acheteurs sont toujours aussi nombreux que d’habitude à arpenter les allées du marché. Mais le niveau des ventes est forcément moins bon. Parce que les grossistes qui travaillent avec l’évènementiel, la restauration et l’hôtellerie se prennent de plein fouet la baisse du tourisme et les annulations d’évènement en cascade. Rien d’exceptionnel, selon la porte-parole de Rungis : "à chaque crise, que ce soit les gilets jaunes, les grèves de décembre ou le coronavirus, ce sont les premières entreprises impactées".

Nina Godart