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Comment Michelin a repensé le vélo électrique

Michelin a conçu une assistance électrique originale entraînant un pneu arrière spécialement cranté, système inspiré du vélo Solex. L'industriel s'est associé avec Wayscral pour la partie vélo et à Norauto pour la distribution de ce deux-roues vendu moins de 1000 euros.

À l'image de Peugeot, BMW ou General Motors, les géants de l'automobile s'intéressent de très près au marché du vélo électrique. Le dernier acteur de ce secteur à l'aborder est Michelin. Sa filiale Lifestyle, créée en 2000 dans les accessoires, a présenté il y a quelques jours un deux-roues à assistance électrique, vendu sous la marque de son partenaire pour l'occasion.

Si la conception et la production de la partie vélo (cadre, roues, dérailleurs) a été développée par la marque Wayscral et la commercialisation confiée au groupe Movidia (dont Norauto fait partie), le système d'assistance électrique a représenté neuf dépôts de brevets pour Michelin et trois ans de recherche.

Son kit d'électrification (entièrement amovible) a été conçu avec l'idée d'être à terme adaptable sur des vélos classiques existants, en liaison avec le savoir-faire du géant de Clermont-Ferrand dans les pneumatiques pour deux-roues.

Un pneu arrière Michelin à structure crantée sur le côté

L'originalité de son approche provient de l'association du kit d'électrification (batterie, moteur, contrôleur) posé à l'arrière sur le porte-bagage avec un pneu arrière spécialement conçu par Michelin pour ce deux-roues électrique.

Ce pneu particulier dispose (cf photo ci-dessous) de sculptures crantées sur le flanc gauche permettant l’entraînement de la roue impulsé par le moteur électrique, sur le principe d'une dynamo se frottant au pneumatique.

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- © Le pneu arrière de Michelin dispose de sculptures crantées sur le flanc pour permettre l’entraînement impulsé par le moteur électrique. Michelin Lifestyle.

Selon Michelin, le système s'inspire du système d'entraînement de la roue par un galet rendu populaire par le Vélosolex, produit de 1946 à 1988.

Le kit d'électrification avec sa batterie de 36 volts et 6 ampères affiche un poids total de 3 kg et une autonome électrique de 50 km maximum. Il procure au vélo une masse totale de 18 kg, inférieure de 20 à 25% à la moyenne des deux-roues à assistance électrique, selon l'industriel français.

Outre ce gain en poids, ce kit amovible a été conçu pour passer d’une conduite classique à l’assistance électrique (et vice versa) par simple rétropédalage. Sans son kit électrique, qui se retire en quelques secondes, le vélo retrouve l'allure et la ligne d’un vélo de ville classique avec ses 7 vitesses manuelles et son dérailleur Shimano, comme il se doit.

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- © Source : observatoire du cycle.

Mis en vente à 999 euros, ce vélo débarque dans les points de vente de Norauto et de Boulanger à une période très favorable pour ce marché, en plein boom, même s'il est caractérisé par une concurrence foisonnante.

L'an dernier, la commercialisation de vélos à assistance électrique (VAE) a progressé de 21%, avec 338.000 unités vendues, selon les chiffres de l'observatoire du cycle publiées récemment (cf infographie ci-dessus). Le marché du VAE atteint désormais 40 % du chiffre d’affaires des ventes totales de vélos dans l'Hexagone.

Frédéric Bergé