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Comment des industriels transforment l'urine en engrais

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Une start-up zurichoise vient de lancer une latrine mobile, destinée à récupérer l’urine sur les lieux fréquentés pour ensuite la transformer en engrais. En France aussi, cette source d'azote de minéraux a des adeptes. Car elle a l'avantage d’économiser l’eau et les produits chimiques.

Se soulager tout en faisant une bonne action pour la planète. L’urine est en effet une engrais complet, grâce à sa richesse en azote et en minéraux. Plusieurs start-up, épaulées par des laboratoires de recherche, veulent remettre au goût du jour cet engrais naturel qui, en plus de réduire l’utilisation de produits chimiques permet d’économiser l’eau des chasses d’eau.

Un engrais sans odeur

Mais avant d’être traitée puis rependue dans les champs et les jardins, l’urine a besoin d’être collectée. Une start-up zurichoise a choisi d’aller au-devant de ses "donneurs" en créant des toilettes mobiles. Baptisée UrinExpress, ces latrines sont équipées d’un laboratoire qui transforme l’ammonium contenu dans l’urine en nitrate afin de faire disparaître les mauvaises odeurs. De plus, des filtres de charbon débarrassent le liquide des hormones et des résidus de médicaments. Une troisième étape, la distillation, permet de faire disparaître les germes et d’obtenir un liquide plus concentré. Au final, 500 litres d’urines permettent d’obtenir 35 litres d’engrais commercialisés sous la marque Aurin. Il est utilisable pour le potager, car il a a été autorisé comme engrais universel par l’Office fédéral suisse de l’agriculture.

Se déplacer sur les lieux fréquentés

En expérimentation depuis un an, la première station UrinExpress a été inaugurée en début de semaine à Bienne, selon le Matin.ch. Elle va faire le tour de la Suisse, et faire étape sur des lieux fréquentés, tels que des stades de foot et les festivals, pour se faire connaitre et développer de nouvelles stations de collecte et de transformation d’urine. Selon le journal suisse, la start-up aurait déjà reçu des demandes côté français.

Car dans l’Hexagone aussi, on s’intéresse aux bénéfices que l’on peut tirer de l’urine. L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a fertilisé pendant pendant trois ans des champs de maïs, blé, et colza sur les plaines de Versailles et de Saclay avec de l'urine déshydratée. Les rendements obtenus sont équivalents à ceux des engrais classiques, mais avec l'avantage d'être sans impact négatif pour l'environnement.

Un viticulteur du pays d'Oc, dans l'Hérault, mise lui aussi sur l'urine pour fertiliser ses vignes. Il a passé un partenariat avec Ecosec. Cette coopérative de Montpellier installe sur des lieux fréquentés des toilettes sèches afin de récolter la matière première, qui est ensuite diffusée au pied des vignes grâce au système d'irrigation.

Coralie Cathelinais