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Cette start-up redonne une seconde vie aux vieux chewing-gums

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Une petite société britannique baptisée Gumdrop récupère dans des points de collecte les chewing-gums usagés pour les transformer en plastique avec lequel elle fabrique des objets de consommation.

374 milliards. C'est le nombre de chewing-gums qui sont mâchés chaque année dans le monde selon une étude de l'Université de Zurich. Et un certain nombre d'entre eux finissent jetés dans la rue, collés sous une table ou dans un papier au fond d'une poubelle. S'il y a des moyens plus ou moins propres de se débarrasser d'un chewing-gum, il n'y en a aucun de vraiment utile. Une fois mâché, le chewing-gum ne sert plus à rien.

Plus maintenant. Gumdrop, une petite société britannique se fait fort de les recycler. Créée en 2009 par la jeune créatrice Anna Bullus, cette start-up a mis au point un procédé pour transformer la gomme mâchée en plastique souple avec lequel elle produit des objets du quotidien comme des mugs, des peignes, des règles, des médiators de guitare et même prochainement des bottes de pluie. Des objets qu'elle vend principalement aux entreprises et aux marques qui souhaitent en faire des goodies promotionnels. La commande minimale est de 100 unités sur le site Gumdrop.

30.000 chewing-gums jetés chaque jour sur Oxford Street

L'idée a germé lorsque Anna Bullus a découvert que la Grande-Bretagne dépensait chaque année 150 millions de livres (212 millions d'euros) pour nettoyer les espaces publics de ces disgracieuses gommes mâchées. Rien que sur Oxford Street à Londres, ce serait 30.000 chewing-gums qui seraient ainsi jetés. Un comité d'action anti-chewing-gums a même été créé en Grande-Bretagne pour lutter contre le fléau.

Évidemment, Gumdrop ne va pas gratter le sol dans la rue pour récupérer ses chewing-gums. Elle installe des points de collecte dans la rue afin que les mâcheurs les jettent une fois qu'ils ont fini de mastiquer. Et lorsque la petite poubelle à chewing-gums est pleine, des collecteurs viennent en récupérer le contenu. 

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Depuis son lancement, la société a installé des points de collecte dans des aéroports, des universités, des centres commerciaux ou des parcs d'attraction. Gumdrop a ainsi disposé une cinquantaine de points de collecte au parc d'attraction Legoland en Angleterre. Et en décembre, elle va équiper la très commerçante Kensington High Street d'un nouveau modèle de "poubelle à chewing-gums" plus robuste.

Un Américain mâche 280 chewing-gums par an

Et l'intérêt pour les collectivités n'est pas qu'esthétique. Selon la société, l'aéroport de Southampton qui en a installé une vingtaine en 2012 ferait des économies annuelles de nettoyage de l'ordre de 3.000 livres (4.200 euros).

Pour récupérer davantage de matière première, Gumdrop a passé des accord avec des fabricants de chewing-gums comme le géant Wrigley (Freedent, Airwaves...) afin de récupérer leurs chutes. Et après la Grande-Bretagne, la jeune société vise maintenant l'international. Elle a déjà installé des points de collecte à Copenhague et envisage de se développer aux États-Unis. Le pays, qui est le premier consommateur au monde, en consomme chaque année 100.000 tonnes, soit en moyenne 280 chewing-gums par personne. Un marché qui effectivement fait saliver.

Frédéric Bianchi