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Cette ex-filiale de Sanofi fait son beurre en vaccinant la volaille

Ceva Santé Animale affirme occuper la 3e place mondiale en biologie aviaire (n°1 au Brésil et n°2 aux USA) et affiche pour ambition de devenir le leader d'ici 2020

Ceva Santé Animale affirme occuper la 3e place mondiale en biologie aviaire (n°1 au Brésil et n°2 aux USA) et affiche pour ambition de devenir le leader d'ici 2020 - Fred Tanneau-AFP

"Rachat en Inde, croissance à deux chiffres: le girondin Ceva revendique le 7e rang mondial de la santé animale. L'ex-filiale de Sanofi, dont l'un des savoir-faire est la vaccination aviaire, continue sa course en avant."

Joli parcours pour le groupe girondin de santé animale Ceva, né d'une ancienne filiale de Sanofi-Aventis, cédée à ses cadres en 1999. Alors que la porosité entre les virus animaux et les pandémies humaines est avérée, le laboratoire français s'est notamment fait connaître grâce à la mise au point d'un vaccin contre la grippe aviaire en 2012.

Forte de 4.000 salariés dans le monde, elle revendique aujourd'hui le 7e rang mondial d'un secteur dominé par des mastodontes venus de la santé humaine comme Merck, Bayer ou Boehringer Ingelheim.

Ceva surfe sur le marché des vaccins aviaires

"Notre croissance sur le marché des vaccins pour la volaille est très encourageante et illustre la valeur ajoutée que nous pouvons apporter à nos clients sur ce secteur" explique le Dr Marc Prikazsky, PDG du groupe. Ceva Santé Animale prétend occuper la 3e place mondiale en biologie aviaire (n°1 au Brésil et n°2 aux États-Unis).

Forte d'une croissance récurrente à deux chiffres (+14% en 2014, +11,9% en 2015) et d'un chiffre d'affaires annuel de 857 millions d'euros en 2015, Ceva a réalisé sa première acquisition en Inde. Basé près de Bombay, le laboratoire Polchem fabrique des compléments alimentaires et des désinfectants pour les secteurs avicole et laitier.

La société indienne comprend 270 salariés et réalise un chiffre d'affaires annuel de près de 10 millions de dollars. Elle continuera à vendre ses produits phares tout en distribuant en Inde les vaccins aviaires et les produits pour ruminants de Ceva.

Au coude à coude avec son rival français, Virbac

"Nous visons à terme une part de 20 à 25% de notre chiffre d'affaires en Asie, mais après 2020 car les enregistrements de produits de santé animale, notamment en Chine, sont longs", a précisé son PDG. Le groupe basé à Libourne (Gironde) a "plusieurs cibles" à l'étude pour de futures acquisitions, a ajouté Marc Prikazsky.

Ceva n'investit pas qu'à l'étranger. L'entreprise a racheté deux entreprises finistériennes: Ecat en 2013 et iD Projects en mars 2016, dont la fusion devrait créer un leader "made in France" dans le domaine de l'automatisation et de la vaccination au couvoir dans l'œuf ou sur des poussins d'un jour.

Réalisant 90% de son chiffre d'affaires à l'international, Ceva ambitionne de figurer parmi les 5 premiers mondiaux de la santé animale d'ici 2020. La société est aujourd'hui en passe de dépasser, pour quelques millions d'euros, son grand rival français dans la santé animale, la firme Virbac, originaire de Nice, dont le propre chiffre d'affaires en 2015 a atteint 853 millions d'euros.

Frédéric Bergé