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Ces médicaments sont les plus onéreux pour la Sécurité sociale

VIDÉO - Les dix médicaments les plus coûteux pour la Sécurité sociale ont représenté à eux seuls 2,5 milliards d'euros en 2016. Alors que des copies génériques moins onéreuses existent, elles sont peu prescrites, selon Le Monde qui a analysé les bases de données de l'Assurance maladie.

Savez-vous que le Doliprane, célèbre anti-douleur à base de paracétamol présent chez des millions de Français, est le huitième médicament prescrit le plus remboursé par la Sécurité sociale? Alors qu'il est vendu en pharmacie sans ordonnance (donc non-remboursé dans ce cas) ce médicament a encore coûté 202 millions d'euros à l'Assurance-maladie en 2016.

C'est l'un des enseignements surprenants tirés de l'analyse effectuée par Le Monde sur la base de données Open Medic de l'Assurance maladie, accessible sur son site internet. Cette mine d'informations recense l’ensemble des prescriptions de médicaments délivrés en officine de ville de 2014 à 2016.

Le médicament Humira a atteint 463 millions d'euros en remboursement

La palme du médicament le plus coûteux pour la Sécurité sociale en 2016 revient à l'Humira, commercialisé pour soigner la polyarthrite rhumatoïde. Il a engendré 463 millions d'euros de dépenses remboursées, loin devant le second, Lucentis, qui traite la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), maladie oculaire, avec 322 millions d'euros dépensés en officine et l'Eylea. Prescrit également pour soigner la DMLA, ce dernier a coûté 259 millions et arrive en troisième position.

Au total, le top 10 des médicaments les plus coûteux a engendré plus de 2,5 milliards d'euros de dépenses à l'Assurance maladie sur 18,5 milliards remboursés pour les médicaments délivrés en pharmacie.

340 millions d'euros d'économies grâce aux génériques en 2018

Le cas du Crestor, quatrième médicament le plus coûteux pour la Sécurité sociale en 2016 avec 240 millions d'euros est intéressant car il illustre la difficulté rencontrée par les génériques pour s'imposer. Prescrit comme anticholestérol, il est pourtant concurrencé par des molécules aux indications médicales semblables et bien moins onéreuses.

Comme le souligne Le Monde, "une boîte de trente comprimés de Crestor 20 mg coûte un peu plus de 26 euros alors qu’une boîte équivalente de simvastatine coûte seulement 7 euros".

Alors que le projet de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2018 prévoit 340 millions d'euros d'économies grâce au développement de l'usage des génériques, ce constat illustre les inerties des comportements du corps médical et des patients vis-à-vis de certaines marques de médicaments.

Frédéric Bergé