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Baskets jetées à la poubelle: GoSport répond point par point

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- - FRED TANNEAU / AFP

Après le tollé provoqué sur les réseaux sociaux par des photos de baskets neuves tailladées et jetées par un GoSport, le directeur général du groupe prend la parole ce jeudi. Tout en comprenant le choc provoqué par ces photos, il a répondu point par point aux critiques des internautes.

GoSport a connu une journée mouvementée sur les réseaux sociaux mercredi. La veille au soir, une utilisatrice de Twitter avait posté des photos de baskets neuves trouées au cutter et mises à la poubelle devant un magasin de la marque. Son message a suscité l’indignation de centaines d’internautes et fait réagir jusqu’au ministère de la Transition énergétique. Au lendemain de ce tollé, le directeur général de GoSport, Brice Garnier, a répondu à nos questions.

BFM Eco: Que s’est-il passé pour que des baskets neuves se retrouvent tailladées puis jetées devant le GoSport de Porte de Chatillon?

Brice Garnier: Nous comprenons très bien que les images qui ont circulé aient pu choquer. Mais il faut savoir que ces paires de chaussures ne sont absolument pas des invendus. Ce ne sont pas des paires neuves que nous n’avons pas réussi à vendre. Chez GoSport, nous n’avons jamais d’invendu : nous faisons des soldes, des promotions ponctuelles, nous détournons des stocks vers d’autres magasins et nous donnons à des associations. Nous n’achetons pas des produits pour les jeter, ce serait un non-sens économique. Les produits qui ont été pris en photo sont des articles défectueux, pas des invendus.

BFM Eco: Quel genre de défauts rendaient ces baskets inutilisables?

Brice Garnier: Ce sont par exemple des baskets qui ont été abîmées dans le magasin, par exemple avec une semelle qui se décolle, ou des chaussures qui se retrouvent seules parce que l’autre pied, installé comme modèle d’exposition, a été volé. Je ne saurais vous expliquer la logique des individus qui volent une seule chaussure, mais c’est un phénomène que nous constatons.

BFM Eco: Si ces modèles étaient inutilisables, pourquoi les avoir lacérés au cutter ?

Brice Garnier: Dans la grande distribution, les règles en usage veulent que les produits inutilisables dans des conditions de qualité et de sécurité optimales soient endommagés pour éviter tout risque de fraude ou de récupération de produits de mauvaise qualité ou pouvant présenter un risque pour nos clients. Chez GoSport, cela concerne donc les chaussures dépareillées, mais aussi des trottinettes défectueuses, des polos dont les boutons se détachent et peuvent être avalés. Nous les marquons au cutter afin de les rendre VISIBLEMENT défectueux, pour s’assurer qu’on ne retrouve pas sur le marché des produits potentiellement dangereux. Mais nous prenons conscience que la lacération de produits choque, nous réfléchissons en interne à changer ces pratiques.

BFM Eco: Ne pouvez-vous pas faire recycler les matériaux des modèles défectueux ?

Brice Garnier: Le recyclage est justement une des solutions envisagées. Dans le cadre du projet de loi anti-gaspillage de Brune Poirson, nous discutons avec d'autres entreprises d’articles sportifs pour explorer les pistes de revalorisation de nos produits de sports. Actuellement, le recyclage d'articles sportifs est une filière naissante, en développement, que nous suivons de près. D’ailleurs notre magasin de Nantes travaille depuis deux mois avec un partenaire local, SupporTerre, qui collecte et revalorise les articles de sport, pour les revendre ou les donner à des sportifs qui ont peu de moyens. On aussi a travaillé avec les Apprentis d'Auteuil, Résidences solidaires, et d'autres associations. Beaucoup de ces actions sont gérées de façon locale par nos directeurs de magasin.

BFM Eco : La secrétaire d’État à la transition énergétique, Brune Poirson, affirmait sur Twitter hier que Go Sport serait bientôt "hors la loi" en détruisant des baskets neuves. Est-ce le cas ?

Brice Garnier: Non, car le projet de loi prévoit d’étendre l’interdiction de détruire les invendus aux secteurs non-alimentaires. Or encore une fois, les produits pris en photo devant le GoSport de Porte de Chatillon ne sont pas des invendus mais des produits défectueux. Mais nous échangeons avec les équipes du ministère de la Transition énergétique pour voir comment nous pouvons éviter tout type de gaspillage.

Nina Godart