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Bangladesh: Auchan va signer l'accord renforçant la sécurité des usines

Cet accord doit éviter des catastrophes comme celle survenue fin avril dernier au Bangladesh

Cet accord doit éviter des catastrophes comme celle survenue fin avril dernier au Bangladesh - -

Le groupe a annoncé, jeudi 23 mai, qu'il allait signer l'accord permettant de renforcer la sécurité des usines textiles au Bangladesh, en émettant toutefois certaines réserves. Il rejoint ainsi une longue liste d'enseignes.

Auchan s'engage… sous réserve. Le groupe de distribution français a annoncé, jeudi 23 mai, qu'il allait signer le "Fire and Building Safety Agreement", accord destiné à renforcer la sécurité des usines textiles au Bangladesh.

"En tant que discounter responsable, ce matin (vendredi 24 mai), en Comité éthique exceptionnel, nous avons pris, après un examen très attentif du document, la décision de signer le Fire and Building Safety agreement", a annoncé Auchan dans un communiqué.

Le distributeur français précise toutefois que sa signature sera soumise à la possibilité de pouvoir en "clarifier les modalités", estimant qu'un "certain nombre de points (de l'accord) méritent d'être précisés".

Plusieurs grandes marques occidentales d'habillement ont déjà signé cet accord, mi-mai. Parmi elles, Carrefour (marque Tex), l'Italien Benetton, l'Espagnol Inditex (marque Zara), le Britannique Marks and Spencer ou le Suédois H&M.

Des étiquettes Auchan retrouvées dans les ruines d'une usine

L'annonce du distributeur survient alors que des étiquettes Auchan ont été retrouvées dans les ruines d'une usine textile qui s'était effondrée, provoquant les décès de 1.127 personnes, fin avril, près de Dacca. Sur ce point, le distributeur réaffirme n'avoir passé "aucune commande à un atelier de Rana Plaza (l'immeuble qui s'est effondré, ndlr)".

Il ajoute toutefois avoir de "fortes suspicions" sur le fait qu'un de ses fournisseurs ait pu faire appel, sans l'en informer, à un sous-traitant qui opérait dans l'immeuble. "Nous avons l'intention, dès confirmation de preuves, d'engager des poursuites judiciaires contre lui", assure le groupe nordiste.

Leclerc renvoie la balle dans le camp des politiques

Le groupe Leclerc se défend, lui, de porter une responsabilité. Invité du Grand Journal le 22 mai, Michel-Edouard Leclerc avait déclaré que son groupe n’achetait pas aux entreprises concernées. "Mais on achète des vêtements au Bangladesh, c’est le troisième fabricant mondial de textiles", a-t-il reconnu.

D’après lui, c’est la défaillance des pouvoirs publics au Bangladesh qui devrait être corrigée pour éviter ces drames: "On peut faire de la morale à bon compte, en disant aux consommateurs vous n’avez qu’à acheter des produits plus chers pour qu’on augmente les salaires, (…) mais il me semble que quand même les normes de permis de construire, c’est à la puissance publique de s’occuper de cela".

Mercredi 22 mai, la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq avait lancé un appel aux entreprises françaises pour qu'elles s'associent à cet accord.

Auchan indique qu'il compte également mettre en place un "plan d'actions concrètes afin de sécuriser encore la traçabilité de l'ensemble des produits textiles à nos marques, sur l'ensemble de nos marchés d'approvisionnement". Celui-ci sera rendu public d'ici au 14 juillet.

J.M. avec AFP