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Après un premier revers, Philips cède sa filiale Lumileds

Philips vient de signer un accord pour vendre sa filiale d'éclairage Lumileds (image d'illustration).

Philips vient de signer un accord pour vendre sa filiale d'éclairage Lumileds (image d'illustration). - Koen van Weel - ANP - AFP

Près d'un an après la vente avortée de sa branche Lumileds à des investisseurs chinois, le groupe néerlandais semble enfin avoir trouvé le partenaire idéal pour réaliser cette cession.

La fin du feuilleton de la vente de l’activité éclairage de Philips se précise. En se séparant de la majorité de sa filiale d’éclairage Lumileds, spécialisée dans la fabrication de composants pour des lampes LED et dans la fabrication de phares de voitures, le géant néerlandais de l’électronique poursuit sa mutation pour devenir un spécialiste de la santé et du bien-être. 

Philips annonce avoir signé un accord visant à céder 80,1% de sa filiale Lumileds à "certains fonds gérés par des affiliés d'Apollo Global Management". Une opération qui intervient quelques mois après l'introduction d'une partie de son emblématique branche Philips Lighting (qui regroupe l'ensemble des activités liées à l'éclairage, dont celles de sa filiale Lumileds) à la Bourse d'Amsterdam. 

Avec cette cession, "Philips s’attend à recevoir des recettes en liquide, avant taxes et coûts liés à la transaction, d’environ 1,5 milliard de dollars" (1,4 milliard d’euros) indique le groupe dans un communiqué et précise que cette transaction devrait être finalisée "dans la première moitié de 2017."

Une première tentative de vente bloquée par les États-Unis

Début 2016, Philips et un consortium asiatique, Go Scale Capital, avaient annulé la vente annoncée en mars 2015, pour un montant de 2,8 milliards d’euros, d’une part majoritaire de Lumileds. Les deux groupes n’ayant pas obtenu l’aval du Comité pour les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) pour réaliser la transaction.

"Vue l’issue du CFIUS en toile de fond, nous devions chercher un acheteur dans un paysage considérablement plus petit d’acheteurs potentiels" a déclaré à la presse le directeur exécutif de Philips, Frans van Houten, qualifiant cette première tentative de "revers". Ce dernier se dit désormais "confiant" quant à l'issue de la nouvelle transaction. "Nous compléterons une phase importante de la transformation de notre portefeuille et je suis satisfait que nous ayons trouvé, en Apollo, le bon propriétaire de Lumileds" assure-t-il dans un communiqué. 

En conservant 19,9% des actions restantes de Lumileds, Philips détiendra des "actions privilégiées". Ce qui signifie que, "si Lumileds est performant", le groupe néerlandais percevra des revenus supplémentaires souligne Frans van Houten.

Apollo "se réjouit" de collaborer avec Philips et Lumileds 

Cette vente est "la meilleure affaire dans les circonstances actuelles" estime Jos Versteeg, analyste de la banque Theodoor Gilissen. "A priori, cela peut sembler décevant, mais il y a aussi un bon côté. Si Apollo parvient à extraire quelque bénéfice de Lumileds", le prix des 19,9% d'actions restantes de Philips grimpera, explique-t-il à l'AFP. D'autres observateurs s'inquiètent, en revanche, du montant de la transaction. L'offre formulée par Apollo Global Management est inférieure de 50% par rapport à ce que proposaient les Chinois.

Ce fonds américain "est un gestionnaire international d'investissements alternatifs, avec des biens sous gestion d'environ 189 milliards de dollars, en fonds propres privés, crédits et fonds immobiliers, et a investi dans un groupe de neuf industries" détaille un communiqué. Associé principal du fonds, Robert Seminara indique qu'Apollo "se réjouit de collaborer avec Philips et Lumileds" et d'apporter ses ressources "pour soutenir la croissance continue et l'innovation d'une entreprise leader". 

La fin d'une ère pour Philips 

Fondé en 1891, Philips a longtemps été spécialisé dans la production de téléviseurs, de petit électroménager et d'ampoules. Mais, au tournant du millénaire, le groupe a développé la production de matériel médical pour ensuite abandonner la production de téléviseurs face à la concurrence asiatique.

Philips a finalement annoncé fin 2014 vouloir vendre ses activités d'éclairage afin de se consacrer entièrement au matériel médical et au bien-être. Des activités à hautes marges moins exposées à la concurrence des pays émergents. Le portefeuille de technologies santé de Philips représente 16,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2015 et emploie 70.000 personnes avec des activités commerciales et des services dans plus de cent pays. 

A.M. avec AFP