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5 millions de masques vendus en une matinée: 80% étaient réservés aux salariés, se défend-on chez Lidl

Sur BFM Business, Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing de Lidl France, répond à la polémique selon laquelle le groupe allemand de distribution aurait stocké ou caché des masques de protection.

Depuis quelques jours, les critiques fusent à l'encontre des mastodontes de la grande distributions. Carrefour, Leclerc, Intermarché et maintenant Lidl… Tous sont accusés d'avoir constitué des stocks de masques depuis des semaines alors que les professionnels de santé n'ont eu de cesse de tirer la sonnette d'alarme pour attester du manque criant de stocks avec lequel ils devaient quotidiennement composer.

Sur BFM Business dans l'émission Inside ce lundi, le directeur exécutif achats et marketing de Lidl France a souhaité revenir sur la chronologie de ces commandes.

Lever les réquisitions 

"Le 17 mars, jour du confinement, nous avions l'interdiction de vendre des masques dans toute la distribution en France. Parce que tous les masques qui arrivaient sur le territoire français étaient réquisitionnés par l'Etat. Nous avons très rapidement demandé au gouvernement de lever cette réquisition parce qu'il fallait – et c'était une de nos priorités – équiper tous les salariés de masques pour les protéger parce que nos salariés en magasin sont bien évidemment en première ligne et depuis le début de cette crise", explique dans un premier temps Michel Biero.

Et de poursuivre: "Une fois l'interdiction levée fin mars, nous avons passé une première commande de 500.000 masques pour équiper exclusivement nos salariés (…) Le 24 avril dernier, les pouvoirs publics nous ont fortement recommandé de commander des masques et de les mettre en vente au plus vite pour essayer d'équiper le plus rapidement possible toute la population française. Ce que nous avons fait. Nous avons passé de grosses commandes à partir du 24 avril et ces commandes vont arriver seulement à partir du 11 mai".

Question de terminologie?

Pour appuyer sa défense, le directeur exécutif achats et marketing de Lidl France, explique que lorsque ses concurrents et lui disent avoir "sécurisé des masques, c'est que nous les avons commandés, payé une grande somme d'acompte (50% pour la plupart des fournisseurs) pour que ces masques soient en production aujourd'hui".

"Les 5 millions que nous avons vendus ce matin, ce sont les stocks que nous avons constitués jusqu'à vendredi dernier et qui étaient à 80% réservés à nos salariés. Et donc que nous avons un petit peu étoffés pour pouvoir vendre 5 millions donc 100.000 boites ce matin", conclut-il.

Julie Cohen-Heurton