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100% santé: les lunettes correctrices avec un reste à charge zéro, comment ça marche?

Depuis le 1er janvier 2020, chaque opticien doit présenter dans son point de vente au moins 17 modèles de montures en 2 coloris différents pour adultes et 10 montures différentes pour enfants en 2 coloris également.

Depuis le 1er janvier 2020, chaque opticien doit présenter dans son point de vente au moins 17 modèles de montures en 2 coloris différents pour adultes et 10 montures différentes pour enfants en 2 coloris également. - Fred Tanneau-AFP

Depuis le 1er janvier, la réforme du "100 % santé" oblige les opticiens à proposer une offre de monture et verres correcteurs avec un reste à charge zéro pour le patient. Voici comment fonctionne ce système, conçu pour éviter le renoncement aux soins pour des raisons financières.

Le "100 % santé" est entré en vigueur dans la lunetterie depuis le 1er janvier. Cette réforme a été conçue pour éliminer le débours à la charge des patients soucieux de corriger leur déficience visuelle et qui renonçaient jusqu'à présent à s'équiper, en raison de dépenses pesant trop lourd sur leur budget.

Une offre de lunettes définie par les pouvoirs publics est désormais obligatoirement proposée par les opticiens dans le cadre d'un panier (monture et verres correcteurs) permettant d’accéder à ce reste à charge zéro. Les équipements sont donc classés en deux catégories: la classe A (sans reste à charge pour le client) et la classe B dont les prix sont libres. Voici ce qui change concrètement pour les assurés sociaux, en trois points:

> Quelles sont les lunettes prises en charge à 100%?

Depuis 1er janvier 2020, des formules "100 % santé" offrent le choix entre, au moins, 17 modèles de monture pour adultes et 10 modèles pour enfants, en 2 coloris distincts, d'une valeur de 30 euros maximum. Rien n'empêche, bien entendu, certains réseaux d'opticiens de proposer une offre améliorée comportant plus de modèles. Ils ont aussi l'obligation de réaliser un devis normé proposant une offre 100% santé.

Les verres correcteurs sans reste à charge consistent en des équipements bénéficiant de l'amincissement et de traitements anti-rayures et antireflet, précise la réforme, ce qui exclut de ces offres les traitements anti-lumière bleue, solaire ou encore antisalissures. Le montant pris en charge est situé dans une fourchette allant de 32,50 à 170 euros TTC par œil, le prix variant selon la correction nécessaire et le type de verre (unifocal ou progressif), et ce, quel que soit le défaut visuel. Dans le cas d’une faible correction, le tarif maximal des lunettes (qui ne coûteront rien à l'assuré) sera à 95 euros, dont 30 euros de monture pour des verres unifocaux ou de 180 euros avec des verres progressif. Le tarif maximal de l’équipement 100% santé (monture + verres) sera de 265 euros dans le cas de très forte corrections avec des verres unifocaux et de 370 euros (2 verres totalisant 340 euros + une monture à 30 euros) avec des verres progressifs. Enfin la périodicité minimale du renouvellement d’une paire de lunettes issue de l'offre "100 santé" est fixée à 2 ans pour les adultes et les enfants de 16 ans et plus et à 1 an pour les enfants de moins de 16 ans.

> Tous les assurés sont-ils concernés par la réforme?

Le 100% santé repose sur des bases de remboursement de la Sécurité sociale revalorisées et sur la prise en charge des dépenses par les complémentaires santé. Autrement dit seuls les Français(es) ayant un contrat de complémentaire santé responsable (incluant le panier de soins à 100%) peuvent profiter des équipements du panier 100% santé, étant intégralement pris en charge grâce à l'intervention coordonnée des organismes de couverture santé obligatoires et complémentaires.

Mais, depuis 2016, tout employeur du secteur privé (entreprise et association), à l'exception des particuliers employant un salarié à domicile, a l'obligation de proposer une couverture complémentaire santé collective à ses salariés.

Enfin, les bénéficiaires de la CMU-c en bénéficient aux mêmes tarifs que les autres assurés, depuis le 1er janvier 2020.

"Mais quid des 5% de Français non couverts par une complémentaire santé? Ceux-ci, parmi les plus modestes et qui devraient donc logiquement être les premiers concernés par cette réforme, ne peuvent tout simplement pas bénéficier de ce reste à charge zéro, faute de disposer d’une mutuelle !", fait remarquer Stéphanie Dangre, présidente du groupe All, centrale d'achats dans l'optique.

> Peut-on choisir des lunettes plus chères que l'offre 100% santé?

Même si une offre (avec un devis) doit vous être proposée par l'opticien de votre choix, l'assuré reste libre de choisir une paire de lunettes plus chère que celle prévue par la réforme. Ces équipements optiques ne faisant pas partie du panier 100% santé de l’opticien, demeurent à "prise en charge libre": ce sont les équipements "de classe B".

Dans ce cas, le patient sera remboursé selon les garanties prévues par son contrat de complémentaire santé, sachant toutefois que le remboursement maximal d’une monture est dorénavant plafonné à 100 euros et pour les verres simples à 320 euros.

La réforme prévoit aussi la possibilité de "panacher" l’équipement optique que l'on souhaite acquérir, en choisissant des verres correcteurs sans reste à charge et une monture en dehors du panier 100% Santé (et inversement). Dans ce cas, cette monture plus chère sera remboursée dans les conditions prévues par le contrat d’assurance complémentaire, dans la limite de 100 euros et avec un possible reste à charge choisi.

De même, l'assuré pourra choisir des verres bénéficiant de traitements anti-lumière bleue, solaire ou antisalissures, qui sont exclus de l'offre 100% santé, avec un remboursement maximal plafonné à 320 euros par sa complémentaire, selon le type de contrat signé.

Frédéric Bergé