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Comment l'Assurance maladie veut alléger la facture pour les patients sans médecin traitant

Près d'un généraliste sur deux (44%) refuse de devenir le médecin traitant de nouveaux patients

Près d'un généraliste sur deux (44%) refuse de devenir le médecin traitant de nouveaux patients - AFP

Dans un entretien au magazine spécialisé Le Généraliste, Nicolas Revel, directeur général de l'Assurance maladie, rappelle que certains patients sans médecin traitants peuvent ne pas être pénalisés dans le remboursement des consultations.

Les 5,4 millions de patients sans médecin traitant sous soumis à une double peine. En plus de ne pas bénéficier d'un suivi, leurs consultations sont prises en charge à 30% au lieu de 70% de la base de remboursement car, malgré aux, ils ne respectent pas le parcours de soins. 

Selon Nicolas Revel, directeur général de l'Assurance maladie, cette population qui représente environ 10% des patients, est composée "de patients plutôt jeunes et bien portants qui n'ont pas cherché à en trouver un", la moitié d'entre elle recherche activement un médecin mais n'en trouve pas.

Dans un entretien à paraître vendredi dans le magazine spécialisé Le Généraliste, il rappelle que ces personnes et uniquement celles-là ne doivent pas être pénalisées. Chaque caisse "a la capacité d'identifier les patients dans cette situation afin qu'ils ne souffrent pas de cette double peine", a confirmé une porte-parole de l'Assurance Maladie à BFM Eco.

Reste à charge de 10 euros

Dans leur situation, la consultation d'un généraliste sans dépassement d'honoraires, 25 euros, est prise en charge à hauteur de 30 %, soit 7,50 euros remboursés au lieu de 17,50 euros. Pour certains, ce reste à charge de 10 euros peut dissuader de consulter un médecin. 

"Nous sommes très attentifs à cette situation. D'autant que parmi les personnes concernées figure un nombre significatif de patients en ALD (affection longue durée), de plus de 70 ans ou souffrant d'une pathologie chronique", souligne Nicolas Revel. "Si nous ne faisons rien, cette tendance va s'accroître inéluctablement dans les prochaines années", prévient-il, appelant à une organisation collective.

Selon une enquête de l'association UFC-Que Choisir publiée en novembre, près d'un généraliste sur deux (44%) refuse de devenir le médecin traitant de nouveaux patients.

Pascal Samama avec AFP