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Clément Beaune: "il faut qu'on finisse dans les jours qui viennent" les négociations post-Brexit

Sur BFM Business, le Secrétaire d'État chargé des Affaires européennes indique ne pas vouloir que les négociations aillent au-delà de la fin de l'année quitte à ne pas obtenir d'accord.

Le bras de fer entre Londres et Paris se poursuit et la France met aujourd'hui un coup de pression supplémentaire. Hier, Michel Barnier, le négociateur du Brexit pour l'UE, se disait prêt à poursuivre les discussions avec les Britanniques au-delà de la date butoir du 31 décembre qui marque officiellement la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Mais ce mercredi sur BFM Business, Clément Beaune, le Secrétaire d'État chargé des Affaires européennes, balaye cette perspective.

Je ne souhaite pas qu'on aille au-delà de la fin de l'année, il faut qu'on puisse finir dans les jours qui viennent, cette négociation devait se terminer début novembre", souligne-t-il sur le plateau de Good Morning Business.

"Nous avons une inquiétude sur les préparatifs du côté britannique"

C'est mieux d'avoir un accord, si c'est un bon accord qui préserve plusieurs intérêts essentiels, prioritairement la pêche. On ne cèdera pas parce qu'il y a une pression du temps, parce qu'il y a de la tactique. Si on est pas capable d'avoir ce bon accord alors il vaut mieux ne pas avoir d'accord. Mais on peut encore le faire et je pense qu'on aura fini avant le 31 décembre: juridiquement, le 1er janvier le Royaume-Uni devient un pays tiers et il faut donner de la visibilité à nos entreprises ", poursuit-il.

Pour autant, l'inquiétude grandit en France notamment du côté des pêcheurs qui estiment qu'un mauvais accord serait pire qu'un no-deal qui leur interdirait pourtant l'accès aux eaux britanniques si importantes. "Si l'accord est mauvais, on l'acceptera pas", répète Clément Beaune.

En tout cas, les derniers événements sanitaires avec la fermeture de la frontière entre la France et le Royaume-Uni donnent un avant-goût de ce qui pourrait se passer en cas de no-deal: camions bloqués, risque de pénurie d'aliments, usines arrêtées...

"Si l'accord est mauvais, on l'acceptera pas"

Clément Beaune relativise: "S'il y avait non-accord, il y aurait des contrôles aux frontières et nous y sommes préparés. Mais l'idée n'est pas de fermer complètement la frontière. Nous avons une inquiétude sur les préparatifs du côté britannique, quand vous voyez ce qui se passe, l'état de préparation n'est pas forcément exceptionnel".

Et de répéter que "la dépendance est beaucoup plu forte du côté britannique à l'égard de l'Europe que l'inverse". Reste que le Royaume-Uni est un partenaire commercial essentiel pour la France avec 13 milliards d'euros d'excédent, "c'est la raison pour laquelle un bon accord serait utile mais s'il n'y avait pas d'accord, il y aurait toujours la possibilité d'exporter mais il y aurait dans certains secteurs des droits de douane", conclut le Secrétaire d'Etat.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business