BFM Business
Economie

Cinémas: le pass sanitaire "a créé un coup d'arrêt très fort sur la fréquentation"

Hélène Herschel, déléguée générale de la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF) était l'invitée ce mercredi matin de Good Morning Business sur BFM Business.

Le pass sanitaire, un coup dur pour les cinémas? "La mise en place du pass sanitaire a créé un choc terrible et un coup d'arrêt très fort" sur la fréquentation des salles de cinéma, a souligné Hélène Herschel, déléguée générale de la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF), qui était l'invitée ce mercredi matin de Good Morning Business sur BFM Business.

"Nous sommes aujourd'hui autour de 20 à 25% de baisse par rapport à une moyenne des années normales qu'on a pu connaître, et c'est extrêmement faible surtout au regard des films qui sont aujourd'hui à l'affiche", a-t-il précisé.

La situation semble malgré tout s'améliorer progressivement: après -56% la semaine de l'instauration du pass sanitaire, la fréquentation est remontée à -40% la semaine suivante. "Nous espérons qu'il y ait un phénomène d'apprentissage qui est en train de se mettre en place. Est-ce-que ce phénomène va prendre quatre semaines, six semaines ou plus? Quel sera aussi le rythme de rattrapage de la vaccination? Nous l'ignorons".

Des entrées perdues

"Ce qui est certain, c'est que quatre à six semaines pour que le public s'adapte c'est extrêmement long parce qu'entretemps ça veut dire que les films qui étaient à l'affiche, qui avaient consenti d'importants investissements pour relancer la machine […], sont pris au piège. Le public ne peut pas venir voir les films et c'est catastrophique pour les grands distributeurs comme pour les plus petits", a regretté Hélène Herschel.

Les entrées perdues ne seront pas rattrapées, a-t-elle assuré. "On ne change pas la date [de sortie du film] comme on veut. Quand vous avez une mesure comme le pass sanitaire, que nous ne contestons pas dans son principe, qui est mise en œuvre pour les cinémas du jour au lendemain, sans préavis, sans moyen de s'adapter, les distributeurs sont pris au piège. Les films sont annoncés, on ne peut plus reculer. Pour ces films-là, ce sont des pertes sèches. Ce sont des investissements énormes qui ne seront pas couverts".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV