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Chasse-neige, trains racleurs anti-givre... Comment la SNCF se prépare à la neige et au froid

La SNCF a justifié mardi par la neige et la volonté de bien faire le retard record de 15 heures subi le 27 décembre dernier par les 600 voyageurs d'un train, tout en admettant des erreurs et en promettant d'agir. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

La SNCF a justifié mardi par la neige et la volonté de bien faire le retard record de 15 heures subi le 27 décembre dernier par les 600 voyageurs d'un train, tout en admettant des erreurs et en promettant d'agir. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville - -

Alors qu'une vague de froid s'est abattue sur le nord de la France, la SNCF s'organise pour déneiger les voies et est contrainte de faire ralentir les trains.

Pour éviter à ses passagers de se retrouver bloqués dans un train arrêté au milieu d'une tempête de neige, la SNCF assure qu'elle multiplie les précautions, tant au niveau de ses matériels que pour l'assistance aux voyageurs.

Quand les intempéries arrivent, les cheminots doivent renforcer leurs tournées d'inspection des voies ferrées: il s'agit surtout de repérer les éventuels obstacles sur la voie, de dégeler les aiguillages, etc.

La compagnie dispose de 47 engins chasse-neige pour déneiger les voies, qui sont prépositionnés sur le réseau.

Contre le gel, 15 trains "racleurs" sont chargés de dégivrer les caténaires et d'empêcher l'accumulation de glace. La SNCF s'emploie aussi à réchauffer les fils d'alimentation en augmentant le courant -c'est l'"effet Joule"-, et elle teste entre Limoges et Brive-la-Gaillarde un produit biodégradable qui empêche l'adhérence du givre à la caténaire.

Pour les aiguillages stratégiques, des réchauffeurs d'aiguilles sont aussi mis en place. En cas de froid intense, on laisse les locomotives électriques sous tension toute la nuit, et on fait tourner régulièrement les locos diesel. Il faut également renforcer le contrôle du matériel, pour repérer au plus vite d'éventuels dégâts.

Un bloc de glace à 600 km/h

Les quais sont également déneigés si nécessaire, salés, sablés... Un produit spécial est désormais utilisé pour dégeler les quais en Ile-de-France.

La vitesse peut également être réduite pour éviter que les blocs de glace accumulés sous les trains se transforment en projectiles, qui pourraient abîmer le matériel et blesser des gens: passage de 300-320 km/h en temps normal pour les TGV à 220-230 km/h, voire 160-170 km/h, et baisse de 160 à 120 km/h pour les trains Intercités et TER.

"Au croisement de deux TGV, la vitesse d'impact d'un bloc de glace qui se détache est de 600 km/h", explique la SNCF. Mais ces préparations n'empêchent pas certains ratés. On se souvient par exemple des Eurostar coincés dans le tunnel sous la Manche en décembre 2009.

Et encore ce vendredi: "On ne s'attendait pas à autant de givre" sur l'axe sud-ouest où la circulation des trains a été très perturbée, a indiqué un porte-parole. "En cas de risque météo important prévisible, la SNCF ne laisse partir aucun train sur la zone concernée", prévient la compagnie publique.

Pour les voyageurs, elle met surtout l'accent sur l'information, avec des alertes envoyées par mail et SMS, la liste des trains qui circulent étant communiquée au plus tard la veille à 17 heures. Plus généralement, la SNCF recommande aux voyageurs de s'informer 24 heures avant un voyage en cas de météo "à risque", via ses sites internet ou applications mobiles.

"Si un train rencontre un problème en cours de route, la SNCF a pour mission de rapatrier, ravitailler et héberger les voyageurs qui ne pourraient pas arriver à bon port", indique-t-on à la direction.

Dans les coulisses, les postes de secours des gares ont été renforcés, avec en réserve 500.000 bouteilles d'eau, 65.000 coffrets encas, 18.000 collations avec boissons chaudes, 100.000 coffrets repas, et aussi 28.000 couvertures et 10.000 kits de nuit.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi avec AFP Journaliste BFM Éco