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Ces entreprises françaises privées du coup de pouce de Mario Draghi

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Bon nombre des grandes entreprises françaises vont pouvoir profiter des rachats de dettes de la BCE. Mais certaines d'entre elles, comme, PSA, n'y ont pas droit. De même que les TPE et PME.

ArcelorMittal, PSA, CGG et Vallourec ont toutes un point commun. Ces quatre grandes sociétés françaises ne pourront pas bénéficier des rachats de dettes mis en place par la BCE le 21 avril dernier. En effet, ces entreprises ne remplissent pas les conditions d’éligibilité, à savoir que leurs obligations soient notées au moins "BBB- " (premier seuil au-dessus de la zone considérée comme investissement spéculatif) par au moins une agence de notation. Une règle qui permet à Casino de rester éligible. Le distributeur stéphanois est noté "BBB-" par Fitch.

La SNCF et La Poste également éligibles

Ce dispositif, qui vient en complément des rachats de dette d’États déjà en vigueur depuis un an, porte déjà ses fruits puisque sur la période s’étalant du 8 juin au 15 juillet, pas moins de 10 milliards ont été acquis par l’institution financière auprès des sociétés de la zone euro sur les 80 milliards mis à disposition chaque mois par la banque centrale. Si les sommes attribuées par entreprise ne sont pas connus, on sait en revanche quelles sociétés ont accès à ce dispositif. Et à ce petit jeu-là, on retrouve bien évidemment les champions français du CAC 40: Air Liquide, Danone, Engie, Kering Sanofi, Total ou encore Orange et Renault.

En dehors de la cote parisienne, la SNCF, RTE ou encore La Poste sont éligibles à ce rachat de dettes. Elles devraient d'ailleurs se tailler la plus gros part du gâteau. En effet, d'après Deutsche Bank, sur les 714 milliards d'euros de dettes éligibles en zone euro, près de 250 milliards sont émises par des sociétés françaises.

Des TPE et PME privés de facto de ce dispositif

Si le but de ce dispositif est, selon la BCE, "de renforcer davantage la répercussion des achats d'actifs aux conditions de financement de l'économie réelle", ce marché se limite pour l'essentiel à des grandes entreprises qui bénéficient depuis des années de conditions de financement favorables.

Les "grands" groupes français ont tout intérêt à profiter au maximum de ces rachats de dettes pour faire baisser leurs coûts d'emprunts. Et à profiter ainsi d'un avantage sur les TPE et PME. Car ces dernières ont tendance à privilégier davantage l’emprunt bancaire au financement obligataire dont l'accès est bien plus difficile. 

Sami Bouzid avec Farès Bendjouadi