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Ce que les Français accepteraient pour faire baisser le chômage

2 Français sur 3 pensent que rendre dégressives les indemnités chômage serait efficace pour lutter contre le chômage.

2 Français sur 3 pensent que rendre dégressives les indemnités chômage serait efficace pour lutter contre le chômage. - Phot Philippe Huguen/AFP

Selon un sondage réalisé par Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva, les Français sont moins fermés que certains politiques le pensent à des mesures radicales permettant de lutter plus efficacement contre les problèmes d'emploi en France.

Et si les politiques arrêtaient de prendre les Français pour d'indécrottables conservateurs, incapables d'accepter des mesures radicales pour s'attaquer de façon plus efficace au problème du chômage qui gangrène leur pays depuis des décennies? Le sondage que vient de réaliser l'institut Odoxa pour le compte de BFM Business, du magazine Challenges et de l'assureur Aviva montre en tout cas qu'ils feraient bien d'oser la radicalité.

Ainsi quand on demande aux Français en âge de voter si, "pour lutter plus efficacement contre le chômage", ils jugeraient "efficace" de rendre les indemnités chômage dégressives, 65% d'entre eux répondent par l'affirmative. Les sympathisants de droite y sont massivement favorables (74%). Mais même à gauche, cette idée prônée notamment par Alain Juppé et François Fillon, n'est pas rejetée. Plus d'un électeur de gauche sur deux (55%) ne verrait pas d'un mauvais oeil que Pôle Emploi mette ainsi davantage la pression sur les chômeurs indemnisés.

Imposer une formation aux jeunes "décrocheurs"

Autrefois clivantes, certaines propositions font carrément l'unanimité dans les deux camps. 90% des Français seraient ainsi ravis que l'on prenne modèle sur l'Allemagne en matière d'apprentissage en "orientant assez jeune les élèves vers des formations de ce type". Et 83% approuverait que l'on impose une formation aux jeunes "décrocheurs" qui sortent de l'école sans diplôme. Cette mesure plaît même davantage aux sympathisants de gauche (86% l'approuvent).

En revanche, d'autres propositions prônées par certains experts suscitent une approbation plus mitigée. La création d'une taxe sur les licenciements à l'instar de ce qu'on fait les Etats-Unis plaît à l'électorat de gauche (66% sont pour) mais nettement moins à droite (55% y sont opposés). A l'inverse, 57% des sympathisants de droite seraient satisfaits que le gouvernement facilite "les conditions de licenciement pour limiter les freins à l'embauche des entreprises" alors que cette idée pour laquelle milite le Medef est rejetée par 61% des sympathisants de gauche.

Enfin, deux autres idées radicales ne suscitent toujours l'enthousiasme des Français, toutes tendances partisanes confondues: la création d'un "Smic dont le montant pourrait être variable selon l'âge et selon la région" (61% des personnes y sont opposés) et une plus grande latitude laissée par l'État aux Régions en matière de politique de l'emploi et de temps de travail sur leur territoire (70% de non).

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco