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Carlos Ghosn est rentré au Liban malgré son assignation à résidence à Tokyo

Carlos Ghosn serait arrivé à l'aéroport de Beyrouth à bord d'un avion privé en provenance de la Turquie. Selon nos informations, il a atterri ce lundi dans la capitale libanaise.

Carlos Ghosn, l'ancien patron du groupe Renault-Nissan, est rentré à Beyrouth, au Liban, d'où il est un ressortissant, selon une information du journal libanais L'Orient Le Jour confirmée auprès de BFMTV par une source proche du dossier. Il est pourtant assigné à résidence à Tokyo depuis huit mois, avec interdiction de quitter le pays, en attente de son procès qui doit débuter au printemps 2020.

Il serait arrivé à l'aéroport de Beyrouth à bord d'un avion privé en provenance de la Turquie, selon le quotidien libanais Al Joumhouria.

Quatre chefs d'inculpation

Les circonstances précises entourant son départ du Japon ne sont pas encore connues. L'entourage de l'homme de 65 ans a indiqué à Europe 1 que ce dernier ne veut pas se soustraire à la justice, mais que le contexte juridique nippon ne lui laissait pas la possibilité d'espérer un procès équitable.

L'homme d'affaires à la triple nationalité libanaise, française et brésilienne, a été arrêté le 19 novembre 2018 à son arrivée dans la capitale japonaise. Il est sous le coup de quatre chefs d'inculpation pour abus de confiance et minoration de revenus aux autorités boursières sur la période de 2010 à 2018. Il risque jusqu'à 15 ans de prison.

Détenu pendant plusieurs mois au Japon, il a été libéré une première fois sous caution en mars 2019, avant d'être de nouveau arrêté début avril et encore libéré sous caution dans de strictes conditions fin avril.

La liberté de voyager à l'intérieur du Japon

Depuis son arrestation, ses avocats et sa famille ont vivement dénoncé ses conditions de détention et la façon dont la justice japonaise mène la procédure dans ce dossier.

"Carlos Ghosn ne cherche par à fuir ses responsabilités mais il fuit l'injustice du système japonais", a expliqué lundi à l'AFP une source proche du dossier souhaitant garder l'anonymat.

Adulé pendant des années au Japon pour avoir participé au renouveau de Nissan, Carlos Ghosn avait lui-même dénoncé dernièrement un "complot" de la part de Nissan pour empêcher un projet d'intégration plus poussée avec Renault.

Les conditions de liberté de l'ex-PDG de Renault-Nissan précisaient que ses passeports étaient gardés par ses avocats, garants du respect des règles imposées par la justice à son égard. Son assignation à résidence à Tokyo lui laissait la liberté de voyager à l'intérieur du Japon, mais la durée d'absence de son domicile était réglementée.

Carlos Ghosn et ses avocats se plaignaient qu'il était suivi en permanence depuis sa deuxième libération sous caution en avril, accusant dans un premier temps des officiers du bureau des procureurs.

Sarah-Lou Cohen et Clément Boutin avec AFP