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Camaïeu: le repreneur sera connu le 17 août, deux offres favorites

La société Camaïeu

La société Camaïeu - -

Environ 70 % des salariés sont favorables à l'offre de la Foncière immobilière bordelaise, qui propose la reprise de 511 magasins sur 634 et 2659 salariés sur 3146.

Le tribunal de commerce de Lille désignera le 17 août le repreneur de l'enseigne de prêt-à porter féminin Camaïeu, en redressement judiciaire, après l'examen vendredi de sept offres dont deux favorites, celle portée par la Foncière immobilière bordelaise ayant les faveurs du CSE.

Selon Stéphane Ducrocq, avocat du CSE, "les avis restent extrêmement partagés". "Dans le tribunal lui-même, entre le procureur et le juge commissaire, ils ne pensent pas la même chose que l'administrateur... Bref, les jeux ne sont pas faits", a-t-il déclaré aux quelques dizaines de salariés qui s'étaient rassemblés dès vendredi matin devant le tribunal.

Quelques dizaines de salariés de Camaïeu, en redressement judiciaire, se sont rassemblés vendredi devant le tribunal de commerce de Lille, avant l'examen décisif des deux offres de reprise, le CSE et l'intersyndicale CFDT-CGT-FO soutenant l'une, le syndicat majoritaire préférant l'autre.

Deux offres favorites

Parmi les sept offres de reprises, deux font office de favorites. Le CSE et l'intersyndicale CFDT-CGT-FO soutient l'une, et UPAE, le premier syndicat de l'entreprise, préfère l'autre.

"Une très forte majorité des salariés, à hauteur de 70 % qu'ils soient issus des bureaux, des magasins ou de l'entrepôt sont favorables à l'offre" de la Foncière immobilière bordelaise (FIB), a assuré le secrétaire du CE et délégué CFDT, Nordine (qui ne souhaite pas donner son nom).

Jeudi soir, "le CSE de l'entreprise a voté en faveur" de cette offre portée par le fonds d'investissement spécialisé dans l'immobilier commercial de l'homme d'affaires Michel Ohayon, a-t-il assuré. "Le personnel préfère un repreneur aux reins solides dans une telle situation économique".

"Cette offre maintient plus d'emplois et il y a un vrai projet !", a renchéri le délégué CGT Thierry Siwik, accompagné d'une vingtaine de salariés vêtus de chasubles aux couleurs de l'intersyndicale, ou de T-shirts disant: "sourire à la FIB".

D'après plusieurs sources syndicales, l'offre prévoit la reprise de 511 magasins et 2.659 salariés, sur les 634 magasins et 3.146 salariés que compte l'entreprise selon le bilan à mi-juillet de la direction. Contactée, la FIB n'a pas souhaité commenter son offre avant l'audience.

L'offre concurrente est soutenue par le PDG de Camaïeu

L'offre concurrente, portée notamment par l'actuel PDG de Camaïeu Joannes Soënen et trois fonds déjà actionnaires prévoit de reprendre 446 magasins, dont 43 seront sous l'enseigne de prêt-à-porter féminin de la galaxie Mulliez, Grain de malice, et associe le logisticien nordiste Log's. Soit 2.520 emplois selon un porte-parole.

Cette offre est soutenue par le syndicat UPAE (Unis Pour Agir Ensemble), majoritaire au sein de l'enseigne Camaïeu (38%).

"On est venus soutenir notre PDG, il est arrivé et nous a donné une vision complètement positive. Si on ne le suit pas aujourd'hui, demain on ne sera plus rien. De l'autre côté on ne sait pas où on met les pieds, dans deux ans on ne sait pas où on ira non plus...", a réagi Raphaëlle, responsable magasin à Faches-Thumesnil (Nord).

Une vingtaine de salariés, essentiellement des responsables et employés de magasins, étaient aussi venus soutenir l'offre de l'actuel management.

Mais "ce qui a été organisé par nos anciens actionnaires, nos anciens dirigeants, c'est intolérable ! Ils utilisent une ordonnance qui leur permet, s'ils étaient retenus, d'effacer la dette et mettre en place un plan social de grande ampleur !", a critiqué Thierry Siwik.

C.C. avec AFP