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C'est officiel, les stations de ski ne rouvriront pas en février

Des professionnels de la montagne manifestent pour la réouverture des stations de ski le 4 décembre 2020 à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne)

Des professionnels de la montagne manifestent pour la réouverture des stations de ski le 4 décembre 2020 à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) - GEORGES GOBET © 2019 AFP

Le secteur qui emploie entre 250.000 et 400.000 personnes s'oriente donc vers une saison blanche.

Les remontées mécaniques des stations de ski "ne rouvriront pas le 1er février" et le secteur s'oriente vers "une saison blanche", a annoncé le secrétaire d'État au tourisme mercredi, quelques heures après un Conseil de défense consacré à une situation sanitaire qui ne s'améliore pas.

En effet "une réouverture mi ou fin février paraît hautement improbable", a annoncé Jean-Baptiste Lemoyne à la presse, après avoir réuni lors d'une visioconférence les acteurs de la montagne.

"Ce faisceau d’indices (sur la situation sanitaire, NDLR) conduit à anticiper une persistance et pression épidémique qui restent fortes. C’est pourquoi les mesures de freinages demeurent plus que jamais nécessaires et doivent être maintenues.", explique le ministre.

Taux d'occupation à 20/30%

Les acteurs du secteur espéraient cette réouverture "pour assurer la survie de l'écosystème montagne" et "limiter l'impact social" sur un secteur qui représente entre 250.000 et 400.000 emplois directs et indirects.

Le gouvernement a promis que les dispositifs d'aides allaient être complétés. "Les canons à neige ne vont pas fonctionner, les canons à indemnisation doivent être au rendez-vous", a déclaré le secrétaire d'État au tourisme.

Faute de remontées mécaniques, les taux d'occupation des stations de ski se sont déjà effondrés à "20 ou 30%" au maximum, "contre 95% d'ordinaire" lors des vacances de Noël qui devaient marquer le démarrage de la saison, a-t-il souligné.

Par ailleurs, le Premier ministre Jean Castex recevra prochainement les acteurs du secteur pour finaliser ce soutien.

Jean-Baptiste Lemoyne a néanmoins rappellé que les acteurs de la montagne bénéficient du mécanisme d'indémnsiation de charges fixes pouvant aller jusqu'à 3 millions d'euros.

"Tristesse absolue"

Cette décision est "d'une tristesse absolue", a déclaré à l'AFP Alexandre Maulin, le président de Domaines skiables de France (DSF), qui ne croit pas à une ouverture en fin de saison. "On avait placé nos tout derniers espoirs dans le fait de faire février" et "on vient de prendre un coup de massue dans la gueule", dit-il.

"Maintenant, il va falloir assumer la parole du président, +quoi qu'il en coûte+, et qu'on sauve tous les acteurs du secteur, et tous!". "Il va falloir qu'on se serre les coudes", dit-il.

Fabrice Boutet, le directeur général de Sata Group, qui gère les grandes stations des Deux Alpes et de l'Alpe d'Huez (Isère), a immédiatement fait part à l'AFP de sa "colère".

"C'est terrible", a-t-il estimé, en particulier pour les saisonniers. "Il y a toute une génération qui ne travaille pas, qui perd le sens, la valeur du travail".

Selon lui, le gouvernement "n'ose pas dire que c'est terminé" alors que "ce serait un gouffre total d'ouvrir au 15 mars".

Olivier Chicheportiche avec AFP