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Bridgestone va fermer son site de Béthune

La direction de Bridgestone a "fermé la porte" à un plan de sauvetage de son usine de Béthune (Pas-de-Calais) ce jeudi et "ferme le site" qui emploie 863 personnes.

La nouvelle réunion qui avait lieu ce jeudi matin entre les élus, la direction Europe de Bridgestone et les syndicats à Béthune (Pas-de-Calais) n'aura pas permis de trouver une solution viable pour le site de production de pneumatiques. Ce jeudi midi, la ministre déléguée en charge de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a annoncé en sortant de la réunion que Bridgestone "fermait le site" de Béthune, qui emploie 863 personnes.

Bridgestone a fermé la porte, Bridgestone quitte le site de Béthune mais nous serons là aux côtés des salariés pour trouver les meilleures solutions possibles", a confié Agnès Pannier-Runacher, citée par l'agence Reuters.

Bridgestone dit non au plan proposé par Bercy

La direction de Bridgestone a donc surtout "fermé la porte" au plan de sauvetage de l'usine présenté mi-octobre par le gouvernement. La rencontre de ce jeudi avec la direction de Bridgestone, des élus et les syndicats devait en effet faire le point sur ce projet proposé par Bercy de sauvetage du site de production de pneumatiques, après une expertise demandée au cabinet spécialisé Accenture.

Pour sauver l'usine, dont le géant japonais du pneumatiques avait brutalement annoncé mi-septembre la fermeture courant 2021, le gouvernement avait proposé un plan prévoyant une continuation de l'activité avec le maintien, selon l'intersyndicale, de "525 à 555 emplois" sur les 863 du site.

La ministre de l'Industrie s'était déjà rendue à Béthune à de multiples reprises ces dernières semaines, notamment le 6 novembre dernier. Elle avait alors indiqué aux salariés que l'État était prêt à prendre sa part au financement de l'investissement d'une centaine de millions d'euros nécessaire au projet, afin d'augmenter la productivité sur le site.

Le plan de l'Etat visait à équiper l'usine afin d'y produire à l'horizon 2025 1,3 million de pneus par an, de qualité supérieure à ceux de petit calibre actuellement manufacturés à Béthune. Les Hauts-de-France avaient aussi proposé de financer une partie des transformations nécessaires.

La colère des syndicats

A l'annonce de cette fermeture, les représentants du personnel ont exprimé leur colère.

Nous sommes déçus car nous venons d’apprendre cette terrible nouvelle, en colère car dès le lendemain de l’annonce de la fermeture, Bridgestone s’est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode dans lequel il s’engageait à négocier et rechercher des solutions alternatives", dénonce Denis Drouet, responsable syndical CGT du site au micro de BFMTV.

Le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus pilotée par Bridgestone a été refermé, a exprimé Agnès Pannier-Runacher. Nous allons nous battre pour que ce site reste industriel". Les négociations vont en effet désormais porter sur le départ des 863 salariés.

"Nous y avons cru, raison pour laquelle le site est restée admirablement calme pendant 2 mois, le gouvernement nous a apporté un projet, on l’a mis sur la table, on l’a regardé, on était prêt à l’accepter, il y avait des solutions cela tenait la route et Bridgestone l’ont balayé en 5 minutes, poursuit Denis Drouet. L’heure est pour nous au combat pour les mesures sociales, on va essayer d’aller chercher le maximum et on obtiendra j’en suis sûr le maximum pour chacun des salariés".

La Loi Florange oblige toutefois le groupe japonais à rechercher un repreneur pour son site industriel. Le site devrait fermer l'été prochain.

Pauline Ducamp, Gaëtane Meslin et Lionel Top