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Brexit: nouvelles négociations à Londres, la possibilité d'un accord s'amenuise

Le drapeau du Royaume-Uni, le 30 janvier 2020, lors d'une manifestation contre le Brexit près du parlement européen à Bruxelles

Le drapeau du Royaume-Uni, le 30 janvier 2020, lors d'une manifestation contre le Brexit près du parlement européen à Bruxelles - Kenzo TRIBOUILLARD © 2019 AFP

Les négociations sur le Brexit reprennent ce mardi à Londres entre Britanniques et Européens. Mais les divergences semblent encore trop profondes pour espérer un accord rapide.

Le Royaume-Uni reprend ce mardi à Londres ses négociations avec l'Union européenne pour conclure au plus vite un accord commercial post-Brexit, car le temps presse si le gouvernement britannique veut éviter le scénario d'un "no deal" à la fin de l'année. Après 47 ans d'un mariage houleux, le Royaume-Uni a quitté l'UE en janvier, mais le pays a jusqu'à la fin de la période de transition, fixée au 31 décembre, pour conclure un accord commercial avec son ancien partenaire.

Réunis pendant trois jours dans la capitale britannique, les négociateurs européens et anglais tenteront de trouver un terrain d'entente, alors que d'importants désaccords dans des domaines stratégiques paralysent toujours l'avancée d'un possible accord. La pandémie de nouveau coronavirus avait déjà mis un coup de frein au dialogue, et d'intenses semaines de négociations en juin n'ont pas permis de débloquer la situation, malgré la volonté du Premier ministre Boris Johnson d'ajouter "un peu de punch" aux discussions restées au point mort.

"Des divergences considérables subsistent sur un certain nombre de questions importantes", comme la pêche et la souveraineté britannique, a déclaré lundi le porte-parole de Boris Johnson. Il a ajouté que le Royaume-Uni "continuerait à collaborer de manière constructive" avec l'UE, mais a averti que le temps pressait, le gouvernement britannique ayant refusé de prolonger la période de transition fixée à fin 2020.

"Nous ne voulons pas que les négociations traînent jusqu'à l'automne", a-t-il par ailleurs réaffirmé, "nous voulons progresser le plus rapidement possible afin de donner de la certitude et de la clarté aux entreprises, et il n'y a pas de changement à cela".

"Abîme" de désaccord

L'Union européenne semble elle moins pressée, estimant en réalité à fin octobre la date limite pour faire ratifier un potentiel accord par les Parlements européen et britannique. Alors que Boris Johnson avait d'abord évoqué la date butoir de fin juillet, il aurait finalement accepté que les négociations se poursuivent jusque fin août, selon une source citée ce weekend par la presse britannique, en raison de "l'abîme" qui subsiste entre les deux parties. Le négociateur britannique David Frost et son homologue européen Michel Barnier ont donné lundi soir le coup d'envoi de cette nouvelle session de négociations, lors d'un dîner commun.

La semaine dernière, Londres avait dévoilé le détail de ses premières propositions concernant la gestion de ses frontières après le Brexit, insistant sur le fait qu'elles seraient mises en application indépendamment de la conclusion d'un accord avec Bruxelles. Le projet de 206 pages - qui prévoit une application graduelle de la loi aux frontières au cours des six premiers mois de 2021 - a vivement été critiqué ce weekend par le Times pour l'"augmentation des coûts" qu'il va engendrer, ainsi que sa complexité "bureaucratique".

Ainsi, l'industrie du fret a jugé samedi qu'avec ces nouvelles règles, les trois quarts des transporteurs britanniques pourraient se retrouver sans les autorisations requises pour transporter des marchandises au Royaume-Uni en cas de "no deal". Si l'UE et son ancien partenaire ne parviennent pas à se mettre d'accord, seules les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés, s'appliqueraient à partir de janvier 2021 aux relations commerciales entre ces anciens partenaires.

P.L avec AFP